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Avez-vous votre permis de conduire?

18 oct.
3 min de lecture

C’est le temps des vacances et je reçois des appels de gens qui s’informent si on offre le service de randonnées pour des groupes. Je leur réponds que je n’ai aucun cheval adapté pour ce genre d’activité.  Je comprends très bien leurs motivations pour en avoir moi-même fait l’expérience à quelques reprises. Ça vraiment l’air plaisant et surtout, ça fait de belles histoires à raconter.

Je me rappelle vaguement mes premières promenades à cheval quand j’étais adolescente. Je devais réussir à convaincre ma sœur de venir avec moi et bien sûr c’était celle que son cheval ramenait à toute allure à l’écurie. 

Moi je voulais être brave et aussi bonne que dans mes rêves; j’espérais surtout que mon cheval sache ce qu’il avait à faire et suive le groupe. Quelques corrections à gauche ou à droite avec les rênes et beaucoup de prudence sur le frein et l’accélérateur. Je n’avais pas envie de jouer au cowboy, j’aspirais juste à gagner de l’assurance. Quand j’ai commencé à prendre des cours, j’ai eu l’opportunité de partir en groupe pour des sorties plus sportives et il m’arrivait de fermer les yeux pour m’en remettre à ma monture. Jamais je n’aurais laissé voir mes peurs, ça faisait partie du « package » et je soufflais une fois que le défi était relevé. Inconsciente du danger, je faisais confiance. Quand je demandais : « Qu’est-ce qu’il fait, mon cheval? », « Ah, juste des cabrioles ! » qu’on me répondait. Je gobais tout. Le but pour moi était de rester en selle coute que coute. La fois où je me suis aventurée toute seule et que mon cheval m’a désarçonné, c’est mon propre orgueil qui m’a ordonné de remonter rapidement et d’oublier ça.

 

Ce n’est pas le goût de l’adrénaline qui m’incitait à continuer, je n’aime pas avoir peur. Pour m’éviter des déboires, je voulais devenir une meilleure cavalière. J’admirais les autres qui avaient plus d’expérience que moi et je suivais leurs conseils qui étaient sincères mais pas toujours de bon aloi. D’inconsciemment incompétente, je devenais consciemment incompétente et je n’aimais pas ça. Pire, les cours que je suivais me donnait l’impression que je n’avais pas le bon cheval ou pas assez de talent, bref, une montagne à surmonter.

 

C’est le Natural Horsemanship qui m’a fait comprendre que pour aimer vraiment l’équitation, je devais connaître tous les rouages de ma monture. J’ai appris à aimer le cheval pour ce qu’il était et ce qu’il m’apportait et ce : physiquement, mentalement et émotionnellement.  Un loisir et un sport certes, mais aussi une énorme responsabilité qui exige du dévouement, du respect et une recherche constante de bien-être pour les deux partenaires impliqués. Un genre de PME, une entreprise à but non lucratif, vouée au développement autant Physique que Mental et Émotionnel du cheval.

 

Honnêtement, je ne peux pas proposer à quelqu’un de monter mes chevaux s’il n’a pas idée du long processus nécessaire pour devenir confortable avec eux. Je ne peux pas non plus trahir mes chevaux qui, à travers ce même parcourt ont appris à faire confiance aux humains.  Les peurs et les blessures que j’ai renié dans le passé m’empêchent aujourd'hui de prendre des risques sur la santé des autres.

 

Aux personnes qui appellent, j’aimerais leur parler du plaisir d’établir une belle relation avec le cheval en apprenant l’un de l’autre, de façon la plus sécuritaire possible. Ça ne se fait pas en une randonnée; ça prend du temps et de la persévérance. Tout ça est inclus dans le « package » qu’on nomme : « L’amour du cheval ».

 

Alors non, désolée, je ne fais pas de randonnées...  Juste pour savoir, avez-vous obtenu votre permis de conduire un cheval ?

 

(23 juillet 2025)

 
 
 

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