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Jouer au ballon

il y a 6 jours
3 min de lecture

On a tous été un jour plus ou moins attirés par les ballons. Je constate que c’est à peu près la même chose pour les chevaux. Il y en a qui vont courir après et pousser le ballon avec enthousiasme, il y en a d’autres qui essaient simplement de le mordre ou même de l’écraser. On a eu Zippo qui le bottait jusqu’à destruction totale et Charming qui lui aurait fait faire des kilomètres juste pour obtenir un bonbon. Certains passent vite à l’indifférence après un brin de curiosité et d’autres qui dans leurs bons jours, trouve ça excitant et passent un bon moment. J’en ai vus cependant qui avaient une peur bleue du ballon, ce qui n’est visiblement pas le cas de Billy qui aime bien jouer avec mais qui trouve généralement l’humain encore plus intéressant.



Le ballon est un bon moyen pour apprendre à lire et mieux connaître notre cheval. Par exemple, Boréale n’a aucun problème à faire rouler le ballon en avant d’elle et le promener dans l’aréna. Je l’ai vue souvent aller le chercher par elle-même. Rien de bien excitant cependant dans son jeu qui ressemble plus à un passe-temps ou un manière de répéter un pattern. Mais je me suis rendue compte qu’elle réagissait fortement et tolérait difficilement le ballon en arrière d’elle ou autour de ses postérieurs. J’en ai donc fait moi-même un jeu de mise en confiance pour la rendre plus confortable en roulant le ballon au sol d’un côté à l’autre, en m’approchant petit à petit de son arrière-main jusqu’à ce finalement elle accepte d’avoir un contact avec le ballon. Une fois que j’ai enfin réussi à la faire reculer calmement jusqu’à toucher le ballon avec un postérieur,  j’ai vu qu’elle paniquait quand je soulevais cet énorme ballon dans mes bras. Malgré sa taille imposante, Boréale, ma force tranquille est loin d’être aussi imperturbable que Charming qui elle, adore se faire masser par le ballon qui roule doucement sur son dos…

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que chaque fois qu’on découvre une peur particulière pour un cheval, cela nous donne l’occasion de lui prouver qu’on peut l’aider. On renforce ainsi notre relation en tant que bon leader tout en diminuant les tensions et les risques d’accidents.

C’est comme ça que j’ai fait le lien avec d’autres jeux qui impliquent son arrière-main. La difficulté de reculer entre deux cônes ou deux barils. Elle passait à travers le rideau mais en se dépêchant pour se retrouver de l’autre côté. Reculer ou s’arrêter à mi-chemin dans le rideau était comme impossible.  Pas étonnant qu’elle soit partie au galop comme une flèche après qu’une branche lui a touché la croupe au cours d’une promenade.

De temps en temps avant de monter ou simplement pour passer du temps de qualité, je lui propose le ballon.  On s’amuse parfois à se le renvoyer une en face de l’autre mais j’en profite aussi pour aller vérifier son niveau de confiance en allant un peu plus loin dans ses

zones d’inconfort. Je décèle encore des tensions mais ça progresse.



Comme pour les humains, c’est souvent plus plaisant de jouer avec un partenaire. L’avantage pour le cavalier, c’est d’apprendre à bien se positionner, à utiliser un bon focus pour diriger le cheval vers la cible qui est le ballon. Celui-ci finit par comprendre l’idée et participe activement au jeu. On commence avec une corde qui doit rester lousse la plupart du temps. Plus tard, un cheval volontaire peut répondre avec simplement une suggestion.  Bien sûr, quand le climat en est un de détente, il y moins de danger que le cheval devienne anxieux ou décide simplement de quitter. On peut même s’amuser à plusieurs, à condition de ne pas oublier les règles, son partenaire, et aussi de rire!

(14 mars 2024)

 
 
 

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