Le licou de corde

Ghislain est d’accord avec moi sur ce point, mettre le licou de corde correctement a été et sera toujours une des choses les plus difficiles à enseigner. C’est un exercice incontournable qu’on doit répéter à chaque fois qu’on entre en contact avec notre cheval. Aussi bien apprendre tout de suite à le faire correctement! C’est ce que je me dis mais ce qui paraît simple au départ, devient inévitablement plus complexe et passionnant si on y ajoute une nouvelle dimension et qu’on considère que la qualité du geste fait partie intégralement de l’approche, de l’acceptation et du rapport qu’on établit en tout premier lieu avec notre cheval.
Ce que j’ai appris de mes mentors c’est que la première question à se poser quand on s'approche du cheval, qu’il soit dans un box ou dans un parc : "Est-ce qu’il vient vers moi?" Pas juste physiquement mais émotionnellement parlant: "Est-ce qu’il est bien avec l’idée que je lui mette le licou?" Ça peut devenir un challenge intéressant qui ouvre la porte à plein de questionnements. "Comment est-ce qu’il me voit?", "Qu’est-ce que je dois faire pour qu’il ait envie de venir et se laisser attacher?" Heureusement pour nous, ça s’apprend et ça fait aussi partie des premiers apprentissages qu’on doit intégrer pour entrer en contact avec notre cheval.
Et puis, comme le licou de corde est un équipement essentiel au Horseman, je pense qu’il est important de savoir pourquoi il est efficace et sécuritaire et pourquoi il constitue avec la corde de douze pieds un excellent moyen de communication. Il suffit de quelques simulations pour nous convaincre.
Mais avant de le présenter au cheval, vaut mieux être préparé et avoir les outils bien en place; la corde sur le bras, le nœud dans la main gauche avec le petit bout de corde qui dépasse, facile à saisir avec la main droite une fois que j’ai invité mon cheval à baisser la tête et à se tourner légèrement vers moi pour facilement l’enlacer de mes deux bras. (Ceci est une touche très personnelle mais cette accolade me donne l’occasion de me coller furtivement le nez sur son poil pour sentir son odeur et souvent même l’embrasser☺️).
Sans le lui imposer, j’invite mon cheval à glisser son nez dans le licou que je lui présente et je termine la manœuvre un peu plus technique par un ajustement adéquat du licou et le fameux nœud sur lequel on n’insistera jamais assez pour qu’il soit fait correctement.
C’est vrai qu’une seule séance ne suffit généralement pas pour maitriser toutes les étapes mais chose certaine, avec la pratique et le temps, une fois bien intégrée cette habitude devient plus naturelle et le licou se retrouve sur la tête du cheval ou bien rangé sur le crochet sans qu’on ait à se tracasser de savoir comment il s’est rendu là. Le plus important et ce que je retiens à chaque fois, avec chaque cheval, c’est le plaisir et la satisfaction de le voir coopérer, prêt à faire la moitié du chemin pour me suivre.
Je comprends qu’on peut trouver ça compliqué et ne pas tout retenir d’une seule fois. Je sais aussi que ça peut être plus difficile au début avec certains chevaux. J’ai eu la chance à plusieurs reprises il y a de ça plusieurs années, d’observer Don Halladay prendre le temps de démontrer et de nous expliquer en détail comment mettre le licou avec excellence. J’étais épatée de voir Windy se prêter volontairement à l’expérience. Le confort et la patience qu’il manifestait, comme s’il était « heureux d’être là ». D’ailleurs tous les chevaux semblaient apprécier l’expérience. Il émanait de Don, dans chacun de ses gestes quelque chose comme l’amour des chevaux.
(17 mars 2024)


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