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Mettre la bride

il y a 4 jours
2 min de lecture

Si c’est important pour moi que le cheval participe dans le processus de mettre le licou, ça l’est tout autant quand vient le temps de brider. J’aime qu’il s’avance et prenne le mors par lui-même quand je lui présente la bride. Par habitude je refais les mêmes gestes en lui demandant de baisser la tête, lentement, respectueusement, sachant que rien ne l’oblige à accepter cet objet dans sa bouche qui, à la fois freine sa liberté tout en le liant encore plus avec moi.

 

Avec Windy, c’est d'abord en enlevant la bride que j’ai appris à mieux utiliser mon corps, mon langage corporel et à reconsidérer la bride et le mors comme le prolongement de mes mains, avec plus de doigté.

 

Charming, elle, m’a comme soumis à des tests d’intelligence. Au début, je ne comprenais pas son aversion pour le mors. Elle réagissait au moindre contact et pendant longtemps j’ai préféré monter en « Freestyle », les rênes lousses ou encore mieux, sans bride.  Ce n’est pas étonnant que lorsque j’arrivais pour la lui mettre, elle m’indiquait clairement en détournant la tête que ce n’était pas son idée. J’ai travaillé fort et je me suis beaucoup demandé comment la faire changer d’opinion. Physiquement j’arrivais à lui passer la bride assez facilement, mentalement elle ne l’acceptait pas vraiment. Avec le temps, j’ai appris à mieux utiliser le contact avec sa bouche, à mieux communiquer et à rendre l’expérience plus intéressante autant pour elle que pour moi.  Plus subtilement maintenant, fidèle à elle-même, elle continue de me rappeler que je dois proposer avant d’exiger et me met constamment au défi de ne pas oublier sa grande sensibilité.

 

La nature tendue et intravertie de Zippo a fait en sorte que son initiation au mors fut assez difficile. Il serrait les dents et évitait d’ouvrir la bouche.  On a donc commencé par une simulation avec une cordelette qu’on lui passait entre les dents. Durant la manœuvre il a réussi à couper en deux le fameux Savvy string. Mais après un certain temps, avec l’aide d’un professionnel, il a fini par prendre confiance. Son attitude discrète et obéissante, tout en facilitant les choses, rendait parfois la lecture de son état émotionnel plus compliquée. Je dirais que physiquement et mentalement il acceptait le mors, mais émotionnellement parlant, on ne savait pas toujours où il en était.

 

Quant à ma belle Domino Zig Harmonie, elle se distingua par un autre phénomène. Aucun problème à lui enfiler la bride, aucune résistance. La difficulté se situait plus en selle. Contrairement à Charming qui tirait sur mes mains ou mâchait bruyamment en guise de protestation, Zig de son long cou suivait ou peut-être même fuyait le mors au point où j’avais l’impression d’avoir une anguille entre les mains. J’ai consulté pour aider Zig à avoir plus confiance dans l’action de prendre le mors et arriver finalement, en me concentrant bien, à sentir le contact qu’elle m’offrait.

 

Quelques chevaux plus tard, je demeure convaincue de l’importance et de la fragilité du rapport que le cheval entretient avec le mors. À chaque fois que je lui présente la bride, c’est comme une reconnaissance des efforts que je fais pour que notre relation reste positive.

 

(21 mars 2024)



 
 
 

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