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Les taons

18 oct.
2 min de lecture

Dans le monde des chevaux, il existe un fléau qui s’étend de la mi-juin à la mi-juillet et c’est la période des taons. Je parle ici des taons à chevaux, redoutables monstres qui mordent, parfois arrachent un morceau de peau pour ensuite se nourrir du sang qui coule à l’image des vampires. Sauf que ceux-ci sortent et sont actifs le jour seulement, surtout durant les journées chaudes, humides et non venteuses.  Ils résistent aux répulsifs et s’attaquent à tous les chevaux avec cependant une forte attirance pour les robes plus foncées.

 

C’est ainsi que la noire Boréale remporte à mon avis la palme pour son endurance à subir les attaques continuelles et massives de ces bestioles. Dans le champ, quand elle me voit et qu’elle arrive en courant, je sais qu’elle n’est pas seule. Un nuage d’indésirables l’entoure et je peine à mettre le licou tellement elle s’agite et est pressée de retourner dans son parc. Elle se terre alors à l’ombre au fond de l’abri et Karel, qui est beaucoup moins ennuyée par ces frappe-à-bord, lui sert de paravent en agitant la queue pour éloigner les intrus.

Je la trouve quand même stoïque dans son attitude, comparée à celle de Charming qui a développé une intolérance totale vis-à-vis tous types de mouches à cheval ou à chevreuil. Un seul taon dans le voisinage et elle débute sa retraite fermée.  Vaut mieux alors éviter de la monter car dans ses moments de paniques face aux insectes piqueurs, elle oublie facilement que je suis là, juste au-dessus d’elle. Il y en a même une sorte parmi eux qui lui cause une réaction allergique avec des boursouffles sur tout le corps. On peut comprendre sa phobie.

C’est étonnant de voir les stratégies de défense que les chevaux utilisent en groupe contre les agresseurs. Ils oublient les jeux de dominance et les chicanes habituelles pour établir un système de défense basé sur l’unité et se tassent tous ensemble dans un coin de l’abri pour faire front commun face aux attaques des assaillants.

Je crois que le meilleur moyen de se protéger se situe au niveau de leur poil qui détecte l’atterrissage le plus subtile de ces insectes volants. L’alerte est aussitôt déclenchée pour que les muscles et la peau se remuent et repoussent l’agresseur. La queue du cheval qui est loin d’être en chômage réussit à en étourdir plusieurs, en particulier ceux qui cherchent à atteindre les parties sensibles de son anatomie. La crinière et le toupet, bien fournis chez Boréale, sont activés par des mouvements de la tête et du cou et s’emploient à éloigner les mouches qui harcèlent son avant-main. C’est souvent le poitrail qui est mis à mal, n’ayant rien pour arrêter les mouches femelles qui veulent se nourrir de sang simplement pour assurer leur progéniture.

Personnellement je ne tiens pas à contribuer à accroitre leur nombre, ni à servir de chair de second ordre. Mais on a si peu de moyens du lutter contre eux; grosso modo, on attend que ça passe. Je monte en toute quiétude tôt le matin et je salue les journées plus fraiches et nuageuses.

 

(6 juillet 2025)



 
 
 

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