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Poésie

14 oct.
2 min de lecture

La poésie pourrait-elle s’incruster dans notre esprit au point d’influencer notre parcours de vie? C’est la question qui me revient à chaque fois que je balaie le plancher de l’écurie.

 

C’est dans la vingtaine, alors que j’étais toujours étudiante et citadine, que j’ai été attirée par la douceur et le calme qui émanait de la vie paysanne, dans les mots et les vers du  « Booz endormi » de Victor Hugo.

 

Il y avait certainement quelque chose d’apaisant dans l’histoire de ce vieillard qui :

              « Avait tout le jour travaillé dans son aire;

                 Puis avait fait son lit à sa place ordinaire.

                 Booz dormait auprès des boisseaux pleins de blé. »

 

Il y avait aussi quelque chose d’inspirant dans l’harmonie et la propreté qui régnait autour de lui :

             « Il n’y avait pas de fange en l’eau de son moulin;

                Il n’y avait pas d’enfer dans le feu de sa forge. »

 

Le matin en balayant, quand j’aperçois un bel épi de blé qui traine par terre, c’est fou mais je ne peux m’empêcher de le ramasser en me rappelant ces mots :

            « Quand il voyait passer quelque pauvre glaneuse;

               Laissez tomber exprès les épis », disait-il. »

 

Sourire en coin, je le lance dans le box de ma jument Charming qui, à l’instar de cette pauvre glaneuse ne manque jamais de s’arrêter sur son chemin pour cueillir ne serait-ce que le plus petit brin de foin. Il m’arrive alors de me demander ce que peut bien représenter dans la vie actuelle une simple poignée de foin « tombée exprès ». Une métaphore qui porte à réflexion à travers ce vers :

           « Il était généreux, quoiqu’il fut économe; »


Peut-on ici parler en toute quiétude de richesse sans gaspillage, d’économie florissante et de partage ?

 

Et parce que j’ai la chance d’aller nourrir le soir quand il fait noir parfois avec beaucoup d’étoiles, ça me fait penser à ceci :

         « Les astres émaillaient le ciel profond et sombre;

            Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l’ombre »

   

Et si j’aperçois un croissant de lune,  je pense alors à Ruth dans le poème qui se demandait:

         «Quel dieu, quel moissonneur de l’éternel été,

          Avait, en s’en allant, négligemment jeté

          Cette faucille d’or dans le champ des étoiles. »

 

Dans ce temps-là, je me dis que malgré les obligations, le travail continu et exigeant de la vie sur la ferme, ça vaut la peine de prendre le temps de s’arrêter pour constater toute cette beauté qui existe autour de nous et qui fait tellement de bien.

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(8 mai 2025)

 
 
 

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