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Quand Maggy s'exprime

18 oct.
4 min de lecture

Maggie m’a confronté à plusieurs reprises cette semaine. Rien de grave, je ne m’en suis pas vraiment rendu compte au début. Après un avant-midi de liberté à brouter sur le terrain je les ramène dans le nouveau parc qui leur a été assigné, à elle et Summer depuis l’altercation douloureuse avec Juliana. Normalement, il suffit d’amener Summer pour que Maggie suive.  Mais là, Maggie à commencer à manifester son désaccord. Il semble qu’elle apprécie moins son nouvel environnement.

En voulant les conduire, voyant qu’elle ne suivait pas, j’ai commencé par lui mettre une corde autour du cou; elle m'a répondu en s'arrêtant fermement avant de prendre le chemin qui mène au parc. Plusieurs fois j’ai dû aller reconduire Summer et revenir la chercher par la suite. En me voyant revenir avec licou et détermination, elle attendait sans bouger que j’arrive jusqu’à elle. Puis, dans le style : « J’suis capable toute seule !!» (que je leur connaît bien et qui témoigne de leur capacité à bien lire nos intentions), elle partait en courant pour se diriger jusqu’à l’entrée du parc où l’attendait Summer.

Toujours dans ce même esprit de contestation, après quelques essais exaspérants à essayer de convaincre Maggie de venir avec nous, je me résignais encore une fois à aller mener Summer pour revenir ensuite la chercher, quand je me suis arrêtée en me disant qu’il fallait que j’essaie autre chose.  (« Si on fait toujours la même chose, on obtient ce que l’on a toujours obtenu! » que je me suis dit). J’ai détaché Summer, cherchant à comprendre pourquoi j’avais supposé devoir m’occuper d’abord de Summer, la plus dominante. « Ne jamais faire de présomption! » n’est-ce pas ? Là il n’était plus question de la relation entre Maggie et Summer mais plutôt d’une discussion entre elle et moi.

 

Je portai toute mon attention sur Maggie qui me regarda avec un air de défiance qui voulait dire : « Attrape-moi si tu peux! ». Elle avait beau jeu la belle Maggie, l’espace autour de l’écurie est immense. Malgré tout j’adore quand elle fait ressortir son demi-côté arable. Elle était vive et expressive avec les petites jambettes qu’elle m’envoyait en s’élançant à l’autre bout du monde; mais le jeu commençait à m’épuiser et à m’énerver. Où donc était passé la gentille Maggie, d’habitude si docile et obéissante?

 

Elle est entrée dans le petit paddock sur la butte et là j’ai senti le vent tourner.  Calmement je suis entrée derrière elle. Je me suis rapprochée; elle est partie en courant à vive allure vers la barrière que j’avais soigneusement refermée. J’ai compris sa déception, disons frustration au mouvement de tête qu’elle a exprimé en trottant dans un petit cercle pour ensuite venir vers moi, en marchant cette fois. « Tu as gagné! » semblait-elle me dire. Elle a enfilé le licou sans rien ajouter.

 

Ce qui m’a rendue le plus rendue heureuse, ce n’est pas d’avoir enfin réussi à l’attraper. C’est d’avoir pu constater une fois de plus que le chevaux sont capable de penser par eux-mêmes, d’avoir leur propre opinion et de s’exprimer quand ils en ont l’occasion. Elle a pris ses décisions selon l’analyse qu’elle a fait de la situation. Par son attitude, en acceptant finalement de m’accompagner, j’ai bien compris qu’elle n’avait aucune malveillance envers moi. Sa mémoire et son intelligence lui ont simplement conseillé de changer son idée pour suivre la mienne.  Je suis contente d’avoir réalisé, puis abandonné la colère que j’avais senti monter en moi. Cela aurait été indigne de l’échange et de la communication qu’elle m’a offert.

Hier, en allant les chercher elle et Summer, je me suis dirigée vers Maggie sans attente particulière. Elle est partie en courant mais pas en fou. Je me suis arrêtée, elle s’est arrêtée. Je me suis avancée, elle est repartie. Je me suis arrêtée, elle s’est dirigée vers le tas de fumier et a fait ce qu’elle avait à faire. J’ai attendu sagement puis je me suis avancée tranquillement une fois qu’elle a eu terminé. Elle est venue me trouver gentiment.  J’avais compris qu’il fallait lui donner le temps de s’extérioriser, de montrer et signifier ses propres besoins pour qu’elle me considère.

 

Dans mon apprentissage des jeux Parelli, j’ai appris que le cheval a beaucoup plus la chance de s’exprimer au sol et que c’est aussi en liberté que l’on connaît la vérité. Chose certaine, ça reste le même cheval quand il est monté par l’humain. Mais en selle, c’est beaucoup plus facile pour nous les humains de laisser libre cours à notre tendance à contrôler et forcer notre monture à répondre à nos propres besoins, sans leur donner la chance de comprendre et d’accepter vraiment. La formation qu’on reçoit, les outils qu’on va utiliser va déterminer si notre cheval a le droit d’avoir des idées. C’est présomptueux de penser qu’il n’en a pas. Ne peut-il pas être distrait, occupé ailleurs, craintif ou rébarbatif face à ce que je lui demande? En tenir compte et le convaincre avec un peu de patience et une bonne communication que mon idée est plus forte que la sienne ou tout simplement la meilleure, c’est avoir le grand plaisir de cheminer avec un cheval qui me suit volontairement. C’est ça être un bon leader comme le dit si bien Linda Parelli. J’aime bien également le message de Ross Jacob qui explique que le cheval doit d’abord abandonner sa première idée avant de pouvoir suivre la nôtre.

Depuis deux jours je mets quelques galettes de foin dans son enclos dans l’espoir de le rendre plus attrayant. Peut-être seulement qu’un prix de consolation mais ça aide !!!

 

(16 juillet 2025)



 
 
 

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