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Une position antalgique

16 oct.
2 min de lecture

Je connaissais les médicaments antalgiques qui agissent en diminuant la douleur mais là j’étais forcée de comprendre que Gaby s’auto-médicamentait en adoptant cette position inhabituelle. Jour après jour on la voyait s’installer avec une précision incroyable, la pince des sabots des deux postérieurs appuyés in extremis sur le rebord de la poutre.  Elle pouvait rester ainsi pendant des heures, isolée dans son monde intérieure à l’image d’un yogiste cherchant la paix intérieure.

Avec notre vétérinaire, on a bien essayé de trouver la source de la douleur impliquée. On pouvait soupçonner les ligaments à partir des pieds au jarret, les muscles des cuisses et du dos, les vertèbres dorsales et quoi d’autres...on se le demandait. On a constaté une sensibilité au niveau du dos. On nous a suggéré une scintigraphie osseuse à l’Hôpital vétérinaire  pour confirmer mais considérant  les avantages et les inconvénients, on a plutôt choisi l’option de traiter par une infiltration de cortisone. Pas de changement.    

Le vétérinaire, très professionnel et qui avait exercé longtemps comme chirurgien à l’hôpital universitaire, a même envoyé la photo à plusieurs de ses collègues à travers le monde afin de vérifier si quelqu’un avait déjà observé ce genre de comportement. Aucun résultat.

En hiver, dans un autre parc, partout Gaby trouvait quelque chose, le bord d’un tapis de caoutchouc ou une surface proéminente pour s’y installer. On a compris qu’il fallait la laisser faire. Son langage corporel parlait mais on ne savait plus quoi répondre. La nature et ses mystères nous fait parfois nous sentir impuissants.  Malgré qu’on aurait vraiment aimé savoir et l’aider davantage, on a dû se résigner à laisser la nature apporter ses soins, en étant présents mais sans trop s’interposer ou se mettre dans son chemin.

 

(10 juin 2025)

 
 
 

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