top of page
Rechercher

Vidéos en Freestyle

16 oct.
6 min de lecture


Une vidéo de dix minutes, ça peut sembler long ou bien très court; c’est une question de perspective.

Pour quelqu’un qui ne s’est jamais intéressé aux chevaux, aussi bien passer son chemin… à moins d’être un peu/beaucoup curieux 👀. Une personne perfectionniste qui aime que l’exécution soit réglée au quart de tour va sûrement en profiter pour comptabiliser les erreurs 🧐et en faire un bilan négatif. Et celui qui cherche les sensations fortes, va vite s’ennuyer 🥱en constatant que personne n’est tombé et qu’aucun cheval n’est traumatisé. Il y aura autant de « Wow !!! » que de « Bof! ».  Ça se peut aussi que certains trouvent ça inspirant alors que d’autres vont vite reléguer ce qu’ils ont vu aux oubliettes.

 

Quoi qu’il en soit, que vous ayez envie de visionner ou pas ces vidéos réalisés en 2012, je vous propose un résumé qui vous aidera peut-être à vous en faire une meilleure idée.

​


Tout d’abord je dois dire que j’ai toujours aimé la monte « Freestyle » en équitation. En n’ayant pas de contact avec un mors dans la bouche de ma jument, pas de bride ou même de licou sur sa tête, je me sentais plus libre de mes mouvements. Pour la personne extravertie que je suis, je me sentais ainsi plus apte à m’exprimer dans ce langage du corps que les chevaux peuvent comprendre aisément.  Sans rien pour contraindre Charming et l’obliger à aller où je voulais, j’ai dû négocier avec elle une façon de faire basée sur la communication et son bon vouloir. Elle m’a posé ses conditions : un minimum de politesse, de savoir-faire et de clarté surtout. J’oubliais…, ne pas abuser de ce Carrot stick que je devais utiliser seulement en dernier recours pour corriger la trajectoire.

 

Dans son ensemble l’exercice consistait à effectuer différentes manœuvres, certaines obligatoires, d’autres improvisées, dans un grand aréna ou un espace ouvert. J’ai opté pour les deux.  L’objectif pour l’obtention du niveau 4 en PNH était de réaliser en moins de dix minutes une vidéo qui respectait plusieurs critères entourant la relation cavalier/cheval, les habiletés et les connaissances. Comme dans toute conversation normale, la discussion prend souvent une tournure qu’on n’avait pas prévue et on doit alors s’efforcer de remettre le sujet à l’ordre du jour. Avec tous ces détours, ça devient plus difficile de garder sa contenance quand les minutes sont comptées. Au début, on rêve du parcours parfait, dans le calme et le bonheur, puis petit à petit, à force de répéter et de recommencer, à défaire et à reconstruire, on n’aspire plus qu’à obtenir le minimum requis. On réalise qu’on n’est pas maître de tout et que plus on veut contrôler pour arriver plus vite au but, plus on risque de rencontrer des opposants; mes plus grands ennemis étant dirigés par mon impatience. Puis, je me disais avec une pensée pour mon inlassable cameraman, que les astres allaient un jour finir par s’enligner pour que j’aie enfin le résultat convoité.

 

Habituellement, la logique veut que chacun des éléments à intégrer dans l’ensemble vont s’améliorer avec les répétitions. Les pratiques d’auditions avec Charming avaient ceci d’intéressant : il fallait varier continuellement le patron car son cerveau avait tendance à lui commander de ne pas refaire plus d’une fois le même effort. Sans le voir comme un manque d’obéissance, je préférais considérer sa grande intelligence et pour la garder motivée, je l’invitais à me suivre dans des parcours toujours un peu différents. Soit, je changeais la disposition des obstacles, soit je changeais l’ordre dans lequel j’effectuais les demandes.

 

On est loin ici de l’ambiance du Show de compétition où la mise au point doit être parfaite et l’exécution sans bavure. Je me rappelle avoir assisté à un concours de performance Western où Ghislain compétitionnait avec Queen’s last love. Pendant la classe de plaisance j’ai vu Queen’s lever la tête avec surprise et intérêt parce qu’il avait aperçu une vache dans un champ voisin. Ghislain a perdu la première place mais j’ai adoré constater que Queen’s n’était pas un robot. Un autre moment hilarant dont je garde un merveilleux souvenir c’est à Sorel, lors d’une compétition provinciale, Ghislain devait faire passer son cheval dans un bac d’eau en forme de rectangle à peu près de la largeur d’un cheval. Vu des estrades, c’était terriblement drôle de voir Queen’s marcher sur les rebords en bois de chaque côté pour éviter de se mouiller les pieds dans la piscine. Et puis, la fois où Ghislain a complété son parcours avec un élastique qui nouait la queue de son cheval pour qu’elle ne se salisse pas. Là j’aurais dû me retenir de rire car c’est moi qui en tant que "groom"  officiel aurait dû l’enlever.

Tout ça pour dire que les imperfections peuvent être emmerdantes mais elles peuvent aussi nous aider à établir un plan de travail dans le but de s’améliorer. Il faut cependant se méfier d’un trop haut niveau d’exigences; comme des œillères il peut nous empêcher de voir les choses qui nous font sourire.

 

Réaliser une vidéo dans un contexte d’examen était pour moi comme un passage obligé. Juste à mentionner la présence d’une caméra et j’en oubliais de respirer. Pour moi, une caméra, une foule, des juges, c’est du pareil au même.  Bref, j’aime mieux les têtes à têtes avec mes chevaux. Mais c’est aussi le genre de difficulté qui est révélateur sur notre détermination à vouloir continuer et se dépasser. On trouve alors des trucs pour nous aider, comme se faire filmer sept fois en se disant mentalement que ce ne sont que des répétitions.  

 

Or donc, après quelques essais, à jamais insatisfaite, j’ai décidé de couper court et de faire un choix entre deux séances vidéos plus ou moins imparfaites mais potables. La première vidéo comportait la plupart des exercices requis tels que : Suivre la clôture, le jeu des coins, la boîte à question, les changements de pieds au vol, ouvrir une barrière, des obstacles et quelques autres que j’ai choisis d’ajouter. J’étais bien fière des pas de côté sur les barres à la toute fin mais il manquait la démonstration de la monte sur le cheval au début. De plus, avec une durée de 11 minutes 24 secondes, j’avais dépassé la limite permise de 10 minutes. J’ai donc opté pour la seconde, qui donne la nausée à la regarder, avec des images qui se promènent un peu partout pendant que Ghislain essaie de me rattraper en courant. On a hâte que la vidéo s’achève, rien que pour donner à Ghislain la chance de reprendre son souffle. En plus j’ai dû couper abruptement la fin où Charming refuse de faire les pas de côté après avoir vu passer Réal avec une brouette pleine de foin… (C’est là qu’il faut rire…  😩--> 😅)

 

Après quelques semaines d’attente des résultats, on m’a demandé de resoumettre une vidéo de trois minutes où on voulait me voir ramener et tenir mon Carrot Stick à mon épaule la plupart du temps. Je me suis installée dans le manège intérieur en mettant très fort de la musique douce. Un peu tendue, j’ai refait des exercices au hasard, le bâton à l’épaule comme dans un exercice militaire, avec l’espoir que ça ferait l’affaire. C’est un peu exagéré dite de cette façon, mais chose certaine, ça ne fait pas partie de mes meilleurs souvenirs.   Un peu comme ma jument Charming, j’aime pas trop qu’on m’assigne une conduite trop stricte. « Vive le style libre ! »

 

Le processus de création d’une vidéo permet de voir nos erreurs et nous fait réaliser ce qu’il faut améliorer.  Un instructeur m’avait dit à propos des séquences que l’on filmait durant le cours : « Tu les regardes et puis après tu les effaces; les prochaines seront sûrement meilleures. » Envoyer une vidéo pour fin d’évaluation était un combat entre la perfectionniste et l’impatiente en moi jusqu’à ce que les deux finissent par s’entendre en se disant que ça pourrait être encore mieux mais tant pis.

 

Je rêve parfois de pouvoir réaliser une vidéo où je me verrais évoluer avec Boréale sur le terrain d’entrainement, marchant, trottant, galopant sous une musique douce et entrainante. Ma position serait parfaite. Boréale, détendue et engagée dans les mouvements, m’accompagnerait sans aucunes hésitations. Si je pouvais mettre bout à bout tous ces moments magiques où tout va …à la perfection !

 

Mais, j’ai bien peur que dans mon cas ce ne soit pas possible malheureusement car pour ce faire, il faudra toujours inclure dans la relation un troisième œil, celui qui transforme bien souvent les rêves en réalité.  Sans regretter ces étapes importantes de mon parcours où je me suis efforcée de performer devant la caméra, au risque de me répéter, j’enregistre mes meilleurs moments lorsque je suis en tête à tête avec ma jument.

 

 

(17 juin 2025)



 
 
 

Commentaires


bottom of page