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Un de mes meilleurs moments de la journée, c’est lorsque je vais nourrir les chevaux le matin. Je profite de la tranquillité des lieux avant que ne s’enclenche le brouhaha des activités journalières habituelles, pour m’imprégner de la beauté du paysage, des odeurs, des sons, en fait de tout ce que la fraicheur d’un début de journée peut apporter.

 

Il m’arrive de vouloir capter ces moments magiques où les chevaux s’intègrent parfaitement au décor. Cette photo avec Karel et Boréale en arrière-plan a été prise le 13 juin dernier à 7 h.

 

(17 juin 2024)

Dernièrement, trois amies de l’écurie me disaient comment c’était facile pour elles de travailler ensemble dans le jardin, chacune faisant son petit bout de chemin tout en trouvant moyen d’aider les autres. J’ai appuyé leurs dires en leur parlant des techniciennes à mon travail qui, avec l’expérience acquise au laboratoire devinaient par elles-mêmes les besoins immédiats et s’alliaient avec moi dans le seul but d’arriver rapidement à un bon résultat. On était toutes d’accord pour affirmer que c’est plus agréable et plus efficace de faire des tâches quand on a développé une belle complicité.

 

C’est un peu ce que j’ai ressenti lorsque je faisais du « Ponying » avec Charming. Je pouvais lui faire confiance et mettre la plus grande partie de mon attention sur Zig. Si j’avais besoin de rester immobile, elle restait tranquille et attendait. Elle pressentait chaque mouvement.  Elle avançait droit devant Zig pour l’amener à faire des pas de côté. Elle s’immobilisait à côté de l’obstacle le temps que je fasse sauter Zig. Elle pivotait avec moi au centre du cercle pendant que Zig tournait autour. Elle pouvait ralentir et même reculer pour rejoindre Zig lorsque celle-ci tirait un peu de l’arrière. Bref, elle participait et comprenait le but du jeu.

 

Je me suis demandé pourquoi il lui arrivait de se détourner et de faire peur à Zig en couchant les oreilles ou en montrant les dent lorsqu’on marchait côte à côte; il me fallait alors ramener Zig et la remettre en confiance. C’est Don qui m’a expliqué qu’en agissant ainsi elle voulait m’aider en montrant à Zig la place que celle-ci devait occuper, c’est-à-dire la longueur d’une tête derrière nous, sans nous devancer. « Merci Charming pour ta collaboration… mais fais comme moi et apprend à modérer tes ardeurs ! »

 

Et que dire de Zig, entrainée dans ces improvisations que je qualifierais d’un peu brouillon. Entre les réactions de crainte et d’incertitude, elle exécutait avec aplomb les éléments qu’elle reconnaissait. C’est sur elle que reposait le dénouement et le succès de l’entreprise. Le projet était un peu audacieux mais la relation que j’entretenais avec chacune d’elles séparément a fait en sorte qu’en mettant chacune du sien, le résultat a apporté plusieurs petites victoires. L’ambiance était au mode essai-erreur mais comportait aussi une grande part d’amusement, sans trop de pression.

J’aimais beaucoup aussi jouer au sol avec les deux sœurs Appaloosas : Karel et Gaby. Alors que Charming se plaisait à faire des remontrances à Zig, la relation entre Karel et Gaby n’incluait pas les prises de bec, du moins pas pendant nos sessions. Tel le Yin et le Yang, par leur complémentarité et leur opposition, elles formaient dans l’ensemble un très beau duo. L’une plus costaude, l’autre plus délicate, l’une ayant tendance à figer, l’autre plus réactive; en s’unissant pour se connecter à moi et répondre à mes demandes, elles trouvaient moyen de s’harmoniser comme dans le meilleur des mondes.


 

Je me questionne : Entre un bon leadership et un bon partenariat, lequel importe le plus dans la relation qu’on entretient avec nos chevaux?

 

C’est là que ça devient intéressant.  Quand je jouais avec Charming et Zig, en tant que leader, je faisais des demandes à Zig pour exécuter des mouvements, mais pour me déplacer j’avais aussi besoin de la collaboration de Charming. Bien sûr, il m’arrivait d’insister trop fort en mettant Charming dans une situation inconfortable mais en général, j’étais à même d’apprécier les efforts qu’elle faisait pour m’accommoder du mieux qu’elle pouvait. En temps normal dans leur vie de cheval, Charming avait le rôle du « boss » (disons-le : un peu rude) avec Zig. Peut-être trouvait-elle que l’activité lui convenait plutôt bien et que c’était dans ses corde de faire bouger Zig. Peut-être était-elle simplement la partenaire idéale qui ressent mes moindres gestes et anticipe mes demandes? Aurait-elle accepté aussi facilement si j’avais inversé leurs positions?  J’ose espérer que mon leadership aurait suffi à gagner quelques points et obtenir un certain résultat. Mais connaissant leurs tempéraments respectifs, leurs allures et le type de complicité que j’avais avec elles, je pense avoir fait le bon choix.

 

Si je me réfère à la vie de troupeau, il y a toujours un leader. Mais chaque individu est le leader d’un autre, avec les caractéristiques et les capacités qu’ils évaluent constamment.  Ils jouent tous un rôle important dans le troupeau.  Peu importe leur rang, un fois intégrés dans le troupeau, ils s’y sentent bien. La dynamique de groupe implique du respect, de la vigilance en tout temps et beaucoup de communication. Même pour des messages aussi simples que : « Je suis là, j’arrive, viens avec moi… », ils avertissent, ils le font savoir. Ils agissent en bons partenaires.

Là où je veux en venir, c’est que pour moi le leadership et le partenariat vont de pair; pour être un bon leader il faut agir en bon partenaire.  Il faut être à l’écoute de l’autre, exposer clairement le projet et s’assurer qu’il est bien compris. Quand j’évolue en même temps avec plus d’un cheval, que ce soit au bout de la corde, en liberté ou en Freestyle (rênes lousses), mon leadership est mis doublement à l’épreuve car je m’adresse à deux entités différentes en même temps. Je dois clarifier et rediriger l’une et l’autre jument selon la réponse que chacune me donne. Ensemble, on peut se détendre quand ça va bien, parce qu’elles comprennent toutes les deux mon idée et qu’elles apprécient mon leadership. Ça se complique surtout quand la leader des deux individus de la même espèce y met du sien en entrainant l’autre dans une discussion qui fait fi de la pauvre humaine qui tente, tant bien que mal d’avoir son mot à dire et ainsi récupérer son leadership. Par les liens qui les unissent en tant que cheval et il est naturel et compréhensible qu’une conversation puisse survenir entre elles n'importe quand dans l’activité. Plus que jamais, j’ai besoin de mon arsenal d’Horsemanship; avoir des yeux tout le tour de la tête, savoir se trouver au bon endroit, deviner ce qui va se passer avant que ça se passe et s’arranger pour garder le contact en tout temps pour que mon idée au final demeure la plus forte.

 

C’est toujours pour moi un gros et beau défi où je dois accepter et apprécier la confiance qu’ils m’accordent en m’acceptant en tant que partenaire, mais que je dois aussi mériter en tant que leader. En fait, c’est un vrai travail d’équipe!

Ce qui est bien avec Summer et Maggy, c’est qu’elles peuvent facilement inverser les rôles. Dans ce vidéo Jacinthe monte Maggy avec Summer à la corde et à d’autres occasions c’est Mia et Summer qui guident Maggy dans une aussi belle harmonie!

 

(9 juin 2024)

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La confiance, c’est comme le respect; c’est long à acquérir mais facile à perdre.  Ça vient en même temps que les compétences. Je vois ça comme un mélange d’informations et de feeling. L’expérience permet de faire des déductions par rapport à certains feeling qui nous orientent et nous font avancer. Il faut parfois se réajuster et s’assurer que les émotions qui en découlent demeurent positives si on veut poursuivre notre idée, de la plus simple à la plus ambitieuse.

 

Dans le fait de monter un cheval à cru, il y a toujours un petit côté intrépide qui demande soit du courage, de la détermination ou de l’inconscience. Ce n’est certes pas l’assurance qui m’a encouragée à embarquer pour la première fois  sur le dos de Windy sans rien d’autre pour m’y accrocher que sa mince et courte crinière de style Mohawk. J’avais quand même pu me rendre compte que  d’enlever la bride ne lui avait pas donné le feu vert pour courir à toute vitesse. Au contraire, les manœuvres que j’avais apprises le rendaient plus calme et plus connecté. Déjà, la confiance commençait à s’établir entre nous deux. Je savais que je pouvais l’arrêter à l’aide d’une flexion. J’ai donc débuté mes premiers pas en longeant les murs de l’aréna, n’hésitant pas à le plier pour faire des petits cercles, un changement de direction ou un pivot complet à la moindre incartade. Cela a tôt fait de le ramener dans le droit chemin. Il savait déjà qu’en suivant mes directives cela demandait finalement moins d’effort et que peu importe l’énergie déployée pour fuir une situation inconfortable, cela finissait toujours par un retour au calme. J’ai appris à être plus subtile et polie dans mes demandes, question d’avoir en échange des réponses posées et non pas garochées. Nous avons progressé au point où j’ai eu souvent l’impression que, moins il y avait d’équipement entre lui et moi, meilleure était l’entente.

 

N'y avait-il pas un message subliminal là-dedans? En tout cas je ne l’ai pas vu tout de suite car j’ai répété le même pattern avec Charming. Il m’est arrivé souvent d’arrêter au beau milieu de la monte pour lui enlever la bride. Je l’ai même une fois  lancée par terre, exaspérée par cet outil encombrant et mal compris.

 

Je trouvais bien des avantages à monter sans selle et sans bride de temps en temps. D’abord c’était rapide, pas besoin de seller. Le tapis que j’utilisais souvent pour protéger le dos de mon cheval était léger et facile à transporter. Mon corps se positionnait de façon naturelle sur le dos de ma jument et en s’amalgamant au sien, j’avais nettement l’impression de pouvoir aussi mieux l’influencer. Autant Windy avait pris soin de moi en ralentissant lorsqu’il me sentait en déséquilibre, autant je veillais à mettre Charming de mon bord pour avoir sa coopération. Elle est passée maître dans l’art de me faire savoir ce qu’il fallait faire pour former une bonne équipe.

 

Ce n’est que plus tard, en abordant les éléments de « Finesse » du Niveau 4 en Parelli que j’ai pris conscience que la bride pouvait me donner accès à une autre dimension où la qualité de communication pouvait être encore plus subtile en utilisant mieux mon corps et mes mains. En fait, j’ai fini par comprendre : le problème, ce n’était pas la selle ni la bride!

 

Ce que la photo ne dit pas cependant, c’est que quelques minutes plus tard, peut-être parce qu’elle trouvait que Zig exagérait en étant trop dans sa bulle, Charming a pris l’initiative et s’est mise à pourchasser Zig. Pour la ramener à l’ordre et lui rappeler ma présence sur son dos, je l’ai dirigée vers le mur à l’aide du Carrotstick pour ainsi mieux la contrôler et la ralentir. Considérant son taux d’adrénaline encore assez élevé, j’ai décidé de profiter de l’occasion pour débarquer. Cela  m’a permis de réaliser que pour une descente d’urgence, à moins d’avoir pris des cours de haute voltige, il est préférable et fortement recommandé que la monture soit complètement immobilisée. Blessée seulement dans mon orgueil, avec l'idée de finir sur une meilleure note je suis allée chercher le licou pour une courte session de réajustement avec ma parfaite partenaire qui avait déjà tout oublié.

La morale de cette histoire, c'est qu'il faut se méfier de ce qui parait si simple et surtout "le fun". Il y toujours beaucoup de travail et des limites aussi à faire confiance!

(29 mai 2024)

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Les photos font revivre les souvenirs. Et les souvenirs font ressurgir certaines émotions que j’ai vécues en relation avec mes chevaux. Chaque cheval étant différent, instinctivement et sans trop m’en rendre compte j’adoptais une attitude particulière avec chacun d’eux. Mes propres traits de caractères devenaient soit un atout ou bien un désavantage que je devais dompter au meilleur de mes capacités. En faisant ressortir le pire et le meilleur de nous-même, les chevaux nous amènent à mieux nous connaître, à mieux nous contrôler et à développer des capacités qu’on ne soupçonnait pas.

Étant une personne plutôt rapide dans l’action et dans la pensée, j’étais attirée par l’enthousiasme naturel de Zig envers le mouvement et les jeux. Je me lançait parfois sans trop réfléchir, pour le plaisir de bouger. Il m’arrivait de faire des erreurs et même involontairement de créer le chaos; je m’efforçais alors de ralentir et trouver le moyen de calmer la situation.

C’était beaucoup moins simple avec Charming pour qui je devais prendre le temps de bien expliquer et d’attendre le consentement. Très mentale et moins pressée de bouger, je me suis longtemps creusé les méninges pour obtenir sa coopération et son bon vouloir.

Je n’ai jamais osé monter Zig à crue à cause de ses mouvements longs et vifs alors que j’adorais cela avec Charming grâce à ses allures plus rasantes. J’ai appris à faire attention à la sensibilité à fleur de peau de Zig comme j’ai appris à tenir compte de la grande sensibilité de Charming, prête à résister à la moindre tension ou maladresse. J’essayais de rassurer Zig avec conviction lorsqu’elle s’alarmait tout en  m’efforçant de converser intelligemment avec Charming quand elle s’offusquait.

Ils s’en est passé des choses entre nous, les images du passé et le regard toujours aussi intense de Charming sont là pour me le rappeler.

(25 mai 2024)

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Juste comme ça, parce que les images sont belles…

 

J’ai vraiment été impressionnée par la multitude et l’agitation crée par une volée d’oiseaux dans la cour. Cependant, les chevaux n’ont pas bronchés et ils ont continué de manger comme si de rien n’était.

 

Pourtant, dès qu’ils voient un humain approcher, même de loin, ils manifestent des signes d’intérêt ou d’inquiétude. Ils lèvent la tête ou sans trop en avoir l’air, ils  surveillent et scrutent notre arrivée. Par la vitesse de nos pas, notre attitude, selon l’analyse qu’ils en font, tous les indices et les émotions qui en ressortent détermineront s’ils vont choisir de rester ou de s’en aller. Ils savent déjà si on vient les chercher ou pas; à eux alors de décider s’ils en ont envie ou pas. Au mieux ils vont venir à notre rencontre ou bien ils vont continuer de manger de manière détendue comme pour dire : « Laisse-moi prendre une dernière bouchée et je te suis ». Si on les vois se retourner ou se tendre alors vaut mieux ne rien bousculer et adopter  la conduite de celui qui n’est pas pressé afin de ne pas déclencher le jeu : « Attrape-moi si tu peux! ».

 

On peut se demander ce qui fait la différence entre un humain qui arrive tranquillement et un essaim d’oiseaux bruyants. Je dirais que ce sont nos INTENTIONS.

 

Avant même de partir les rejoindre on a une bonne idée de ce qu’on veut faire. On en profite  pour peaufiner notre plan de match, des fois on anticipe les difficultés. Bref notre cerveau est déjà en action. Aussi, vouloir démontrer de la bonne volonté et insister trop sur la gentillesse, incite plutôt à la méfiance. Et rien de pire que de se forcer à avoir l’air naturel.

 

Une bonne façon d’approcher un cheval sans lui donner envie de déguerpir, c’est de s’intéresser à ce qu’il fait. « Qu’est-ce que tu manges ? Ah oui, l’herbe est pas pire ici. » Une minute ou deux pour tout oublier, relaxer et profiter de ce qui nous entoure dans le moment présent. Pas toujours facile pour un humain qui aime se triturer l’esprit avec des choses compliquées.

 

Quand on aime les chevaux on les trouve fondamentalement beaux. Cela nous met dans le bon état d’esprit afin de se synchroniser avec eux.  S’ils sont détendus, soyons détendus et surtout, faisons gaffe à nos intentions! Gageons qu’ils seront plus disposés à nous suivre par la suite.

(16 mai 2024)

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En voyant cette photo je me dis : « Oups! Pas sûre que c’est une bonne idée…». Puis d’instinct j’ai envie de les éloigner l’une de l’autre. Pourquoi?  Tout simplement parce que mes souvenirs me ramènent à plusieurs situations où les deux sœurs Gaby et Zig ont eu des prises de becs.

 

 Impossible de faire une photo de famille avec les trois sœurs Appaloosas, la plus jeune et la plus vieille ne pouvaient pas se sentir, même en photo. Manque d’affinités, trop semblables peut-être, faut croire qu’on a jamais jugé important de prendre le risque de les laisser régler leur différents et établir l’ordre entre elles, chacune ayant leur partenaire préférée en Karel et Charming.

 

Sauf peut-être quand on les a rassemblées toutes les quatre dans un même grand parc en Floride. Zig s’est alors retrouvée seule contre trois. Indifférente du sort de Zig qui cherchait vainement et bruyamment à intégrer le groupe, Gaby ne cherchant pas le trouble se fondait discrètement derrière Charming et Karel qui formaient un rempart autour d’elle.

 

J’aimerais bien savoir ce qui se passe derrière leurs yeux fermés, le message qui passe entre leurs deux narines rapprochées. Je ne me souviens pas mais je suppose qu’on a pas dû attendre les cris et les coups de pattes qui risquaient de survenir d’un moment à l’autre, en guise de contestation ou de provocation.

 

Heureusement qu’elles se sont gardées une petite gêne pour les fois qu’on s’est retrouvées en même temps et au même endroit sur leur dos.

(11 mai 2024)

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J’ai eu la chance et le plaisir de voir grandir, de côtoyer et de monter ces deux magnifiques juments. J’ai eu l’honneur et l’intérêt de découvrir leurs différences, leurs forces et leurs faiblesses.

 

L’une est compacte et musclée, l’autres est grande et élancée.  Pas la même robe, pas le même genre, pas les mêmes allures. Zig est rapide et aime bouger, Charming prend son temps et préfère le surplace. Zig dit toujours : « Oui »; Charming commence par dire : « Non », puis : « Peut-être » et finalement : « Okay » .  Zig a peur du vent, du bruit, elle déplace de l’air et réagit à la moindre inquiétude alors que Charming se sent en sécurité en tout temps (ou presque).  Zig se prête facilement au jeu tandis que Charming a besoin d’être convaincue ou d’avoir d’une bonne raison pour s’exécuter.

En selle avec Zig, c’est comme chausser les bottes de sept lieues ou comme être sur un nuage, alors qu’avec Charming c’est comme avoir les quatre pieds sur terre pour aller exactement où on veut aller, à la vitesse qu’on décide (ou presque).

Zig est d’un sensibilité à fleur de peau et fuit la pression; Charming prend les choses en main ou quitte si cela ne fait pas son affaire.  Entre les deux, l’entente est que Charming mène et occupe le rôle du méchant boss, auquel Zig obéit sans riposter en agissant également et inconditionnellement en tant que grande protectrice . Elles sont comme deux contraires qui s’attirent.

 

Mais avec moi, ce qui les rejoint toutes les deux, c’est cette volonté de communiquer et de participer. Que ce soit pour des jeux en liberté ou à la corde, pour les entrainements en selle ou une promenade, chacune à sa manière a su exprimer son accord, son désaccord, ses besoins. Charming sait très bien ce qu’elle veut et aussi ce qu’elle ne veut pas. Zig m’a toujours parue heureuse de suivre une idée et même d’en proposer. Et c’est quand elles manifestaient toutes les deux  le plus de confort et de relaxation que je savais ce que je devais faire, que j’apprenais à faire les bonnes choses.

 

Malheureusement, Zig nous a quitté en 2017 encore très jeune à l’âge de 11 ans emportant avec elle plusieurs de mes espoirs. Heureusement, Charming est encore là, à 22 ans et elle continue à sa manière à me faire douter et à m’apprendre.  En justifiant mes efforts, elle m’a menée vers mes plus belles réussites. Je ris de son air bourru, de sa manière de vouloir prendre en charge. Je prends soin d’elle, de son corps qui résiste moins bien parfois à son tempérament excessif. Peu importe si je dois négocier avec elle et si j’ai souvent l’impression d’être à son service,  peu importe si sa lenteur exaspère encore la personne rapide et pressée que je suis, j’arrive maintenant à comprendre Zig qui avait envie de la protéger…

(09 mai 2024)

Certains chevaux sont plus joueurs que d’autres. Je dirais que la plupart de mes chevaux se prêtent facilement au jeu quand je leur propose quelque chose et s’ils trouvent du confort et une énergie positive à la fin, c’est suffisant pour qu’ils aient envie de recommencer.

 

Il suffit pour Billy qu’il y ait des sauts d’installés dans l’aréna pour qu’il aille sauter.  Il est arrivé ici à l’âge de quatre ans, peut-être qu’il avait déjà été initié aux sauts. C’est possible aussi que son énergie débordante le pousse à se surpasser dans ce genre d’activité. Ou encore veut-il simplement nous montrer ce qu’il sait faire pour nous impressionner? Là je commence à lui prêter des intentions qui sont propres à nous les humains. Je dois dire pour ma défense que Charming m’amenait souvent dans ce genre de suppositions… En fin de compte, j’aime penser qu’ils le font pour me faire plaisir.

 

Dans la séquence des deux vidéos suivants pris il y a trois ans alors que je filmais Karel et Boréale en train de s’amuser sur le terrain d’entrainement, je crois que pour Karel, les barils étaient là pour quelque chose, pour sauter. Cela ne semblait pas être dans l’esprit de Boréale qui donne plutôt l’impression de vouloir empêcher Karel de le faire. Il s’ensuit donc une démonstration d’exubérance qui en dit long sur l’insistance de chacune à exprimer son point de vue.  Après cet échange chaotique, Karel exécute calmement son saut à la perfection pour s’arrêter ensuite en me regardant. Ce qui me dit qu’en fait, je faisais un peu partie de l’équation à travers ces jeux.  Encore une fois, j’ose penser que Karel voulait le faire pour moi, pour me faire plaisir.

 

Elle m’en a fait la preuve hier. Je la faisais bouger avec une longue corde quand, sans que je le lui demande, elle est allée sauter avec beaucoup de grâce les barils que j’avais installés pour Boréale. Voulait-elle m’impressionner? En tout cas, c’est réussi!

(4 mai 2024)

UN CHEVAL EN LIBERTÉ !!!

 

L’esprit humain s’affole, c’est le branle-bas de combat. Vite il faut l’attraper! L’imagination fait craindre le pire. La frustration fait place à l’action; aller chercher un licou avec une corde, trouver de l’aide… J’ai connu ça.

 

Mais que se passe-t-il dans la tête du cheval?  Le voilà en train de brouter autour de l’écurie tranquillement. S’il en a la chance il va rejoindre des amis pour échanger sur le bord de la clôture. Il va peut-être profiter d’un peu de ces moments de liberté pour courir à son gré où bon lui semble. Il ne cherche pas à se cacher et il y a plus de chance qu’il aille explorer plus loin s’il est en compagnie d’un copain. Bref, il a l’air tout à fait bien.

 

Panique pour nous versus confort chez nos équidés. Est-ce qu’on vit dans le même monde ? 

 

J’ai souhaité à un moment donné que Windy soit confiné dans un box comme les autres après l’avoir couru une demi-heure dans le champ avant de le ramener à l’écurie où nous nous trouvions dans ce temps-là. Nous aussi on recherche le confort…mais pas le même, du point de vue du cheval.

 

Je me rappelle aussi l’avoir poursuivi un bon bout de temps sur le bord du chemin, craignant un accident ou marcher jusqu’au village voisin…  C’est seulement quand je me suis décidée à m’arrêter que Windy s’est aussi immobilisé; il est revenu me trouver et m’a suivi jusqu’à la maison. Difficile d’enlever la pression quand on a peur.

 

Il y a la fois aussi où un étranger est venu cogner à la porte de la maison à trois heures du matin pour nous demander si les quatre chevaux qu’il avait suivi du village jusqu’à chez nous étaient bien les nôtres. On les a retrouvés sagement réinstallés dans un parc qui n’était pas le leur mais bon, on a refermé la barrière en attendant de les réintégrer au matin dans leur propre parc. Une belle escapade de groupe qui n’avait pas le moins du monde eu l’effet de les stresser. Quant à moi, j’ai pas arrêté d’imaginer ce qui aurais pu se produire.

 

Il arrive encore que quelqu’un entre subitement dans l’écurie en criant : IL Y A UN CHEVAL EN LIBERTÉ ! ». Maintenant cela me fait sourire.

 

J’ai appris à faire confiance à mes chevaux. J’ai réalisé que de pouvoir bouger les rendaient plus calmes. Moins de jeux de dominance aussi dans les plus grands espaces, sans compter les effets bénéfiques pour eux de pouvoir explorer leur environnement, en dehors du box. Eux aussi prennent confiance; envers nous, envers eux et envers l’environnement.  J’ai appris à gérer mes émotions en sachant quoi faire dans différentes situations, l’important étant de rester calme. Les chevaux ont besoin d’un leader, je veux être celui avec qui ils veulent rester.

 

Le Horsemanship  m’a appris que dans la relation Humain/Cheval, on peut peut-être essayer de faire la moitié du chemin qui nous sépare. Pour diminuer d’une part notre anxiété et préserver la sécurité de nos chevaux, pourquoi ne pas leur donner plus d’espace tout en établissant clairement les limites sécuritaires sur le terrain.

 

Évidemment, rien n’est jamais tout à fait simple. La sécurité est un besoin essentiel pour les chevaux; l’environnement doit être aménagé en fonction de ça. Autant que possible, pas de traineries, pas de pièges à chevaux et des barrières là où il faut. Malheureusement, on doit éviter l’accès à l’herbe à ceux qui sont plus susceptibles de développer des problèmes aux pieds. Et puis, la règle est de les initier à l'herbe de façon progressive, en de courtes sessions au début. Il ne faut pas oublier que dans la nature, ils doivent se déplacer sur de longues distances pour trouver à se nourrir. Ils sont loin d’être à bar ouvert sur le gazon. En tout temps, on doit être vigilants et présents. Avoir des chevaux c’est un choix et la responsabilité vient avec.

 

Le libre mouvement a été particulièrement bon pour Windy, autant pour sa santé physique que mentale. À treize ans il a été diagnostiqué naviculaire. À dix-sept ans, à l’hôpital de Ste-Hyacinthe on m’a informé qu’il avait un souffle au cœur important et des troubles du rythme. À vingt-sept ans il s'est fait une rupture d'un tendon à l’un de ses postérieurs. C’est là qu’on a décidé de le laisser circuler à son aise durant le jour. On le voit ici sur le vidéo à l’âge de trente-six ans, presqu’aveugle et sourd, se promenant d’un pas alerte aux alentours de l’écurie. Jusqu’à la toute fin, il a continué à faire sa vie de cheval, à marcher et courir pied nu, à varier son alimentation, tout en socialisant avec les amis. Aurait-il vécu aussi longtemps dans le "confort" de son box?

(25 avril 2024)

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Pourquoi j’aime cette photo? 

 

Un peu parce que j’étais avec Windy, mon premier cheval. La fierté et le désir de progresser dans mon Horsemanship, déjà très présents à cette époque.

 

Aussi parce qu’on venait d’installer notre corral rond chez nous à la ferme, un outil important pour les jeux en liberté qui allait me permettre d’améliorer ma communication avec mon cheval.

 

Beaucoup je dirais, à cause de mon attitude. Une énergie pour aller de l’avant, une confiance et un plaisir évident à sentir mon partenaire tout près de moi.

 

Mais surtout parce que cette image me rappelle ce que j’ai toujours recherché au contact avec mes chevaux; la connexion, au sol ou à cheval, où nos idées se fusionnent, où je ne ressent ni frustration, ni besoin d’imposer ni d’espérer. Je sais que mon cheval est avec moi, qu’il a envie de me suivre.

 

J’ai ressenti ce genre de moment hier avec Boréale. Elle a réussi à me faire oublier que Karel est malade, mon souper à préparer et le temps qui passe trop vite. En selle elle m’a amenée dans un beau trot, à la fois énergique et détendu, où nous allions dans la même direction, en accord, juste heureuses d’être bien ensemble.

 

Y a-t-il quelque chose de plus satisfaisant que ça?  À mon humble opinion, je ne pense pas.

(20 avril 2024)

Gratte mon dos, je vais gratter le tien.

 

C’est toujours dans un esprit d’harmonie que l’on voit les chevaux se gratouiller le dos.  Souvent après les jeux de dominances, comme pour sceller une nouvelle amitié ou pour faire la paix. Ou simplement pour passer un bon moment de détente avec un ou une amie confirmée. Il y a échange de bonne volonté, ça se fait à deux, l’un offre, l’autre accepte et vice et versa. De façon réciproque, pas d’animosité, pas d’arrière-pensée.

 

Chez l’humain, cette même expression laisse plutôt supposer qu’on attend quelque chose de l’autre. Il y a comme une condition sous entendue. On va caresser notre cheval s’il fait bien ce qu’on lui demande. Personnellement j’aime bien gratouiller mon cheval sur le garrot quand je monte pour lui signifier que je suis contente de ce qu’il fait et pour l’encourager. C’est un forme de récompense qui vient renforcer la relâche, comme pour donner un message clair au cheval qu’il fait la bonne chose. Avec Windy, j’ai toujours eu l’impression que cela diminuait son anxiété tandis que pour Charming, je sais qu’elle adore se faire gratter sur le garrot; cela influence son humeur et la motive. J’utilise ce geste avec insistance, du bout des doigts, pour rappeler à Karel que je suis là, sur son dos, alors qu’avec Boréale, j’ai tendance à prolonger le contact par une longue caresse de la main sur son cou.

 

Mais si nous les humains on est tous prompt à démontrer notre présence et notre affection surtout quand c’est le temps d’exprimer notre fierté et notre contentement, il ne faut pas négliger ces moments doux où sans rien demander en retour, on s’applique à rechercher les « sweet spots », là où les gratouilles font tellement de bien. Il nous offrira probablement en récompense ces mimiques qui nous font tant rire!

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Les chevaux sont curieux, oui, mais pas dans n’importe quelle situation. Une ombrelle peut faire terriblement peur; à certains chevaux plus qu’à d’autres. Si elle apparaît soudainement, ils vont se mettre à courir. Ils vont observer de loin et si c’est quelque chose qu’ils reconnaissent, si ça ne fait pas de bruit, si ça bouge lentement ou que ça s’éloigne, ils vont probablement s’approcher. La peur fait alors place à la curiosité même s’ils se tiennent prêt à toute éventualité pour déguerpir à nouveau.

 

C’est le même processus qui se passe quand on les tient en laisse. Cependant la claustrophobie s’ajoute au stress et accentue le phénomène. Pour diminuer le risque de se faire mal, vaut mieux alors laisser glisser la corde dans notre main si le cheval a besoin de bouger. À la limite il va pouvoir courir en cercle ou en demi-cercle. Il va moins se sentir pris et va reprendre plus vite ses esprits pour réaliser qu’il n’est pas tant en danger. La corde de 12 pieds va permettre assez de distance pour ses mouvements et nous assurer une plus grande sécurité. On doit le laisser regarder l’objet de ses craintes pour qu’il retrouve son calme. Des exercices au sol bien exécutés avec la technique de l’approche/retrait, vont le convaincre de nos qualités en tant que bon leader en l’aidant à bien gérer ses émotions.

 

De la même façon, quand on est en selle, il y a de bonnes chances  qu’il nous fasse plus confiance si on est capable d’évaluer son niveau de stress. Au besoin, on le laissera se déplacer sans perdre de vue ce qui lui fait peur. En observant bien les signes de relaxation, on saura quand est-ce que la lumière verte nous autorise à reprendre notre activité. En portant attention à ses peurs tout en restant maître de la situation, notre cheval sera aussi plus enclin à vouloir nous accompagner dans n’importe quelle situation ou n’importe quel environnement.  

(26 mars 2024)

N’est-ce pas que c’est beau?

À voir les personnes s’attrouper devant la fenêtre du manège, je n’étais pas la seule à aimer ce que je voyais. Une rencontre qui impressionne par sa spontanéité et son naturel. En très peu de temps, Maeva a réussi à connecter avec Maggie.

En observant bien, on remarque plusieurs éléments qui favorisent une telle connexion.

L’attitude calme et confiante de Maeva qui caresse d’abord la jument. Elle regarde Maggie puis dirige son focus vers l’avant en amorçant le mouvement avec une énergie rythmique et invitante, à laquelle la jument répond sans trop d’hésitation. Maeva, déjà consciente du lien qui s’installe entre elles, continue d’aller droit devant et surveille Maggie d’un œil, en faisant attention de ne pas briser le fil invisible qui les unit. 

J’aime voir les efforts de Maggie qui s’harmonise aux petits pas de Maeva. J’aime voir la petite qui agit en bon leader, bien droite, son corps orienté vers l’avant. Elle garde un rythme constant et la jument s’empresse de rester à ses côté, active et attentive.

Par le clignement de ses yeux et l’expression générale de son corps, on comprend que Maggie est détendue. Maeva a juste l’air heureuse.

Lors de l’arrêt, Maggie reste connectée et on assiste à une magnifique démonstration d’affection réciproque alors que Maggie se tourne doucement et se laisse caresser la joue par la petite main de Maeva.

Purement simplement beau à voir!

(25 mars 2024)

Depuis que Charming est bébé, c'est dans son tempérament, il y a quelque chose qui l'amène à vouloir tout faire par elle-même et qui lui dit qu’elle n’a pas tant besoin d’être guidée; elle sait ce qu’elle a à faire. On peut dire aussi qu'elle est très très motivée par la nourriture.

Si on met tout ça ensemble, on peut lui faire confiance; pas besoin de licou, ni même d’accompagnateur, elle va aller à bonne destination et va trouver le foin toute seule.

Quant à Billy, ça dépend des jours, l'envie d'aller jouer avec les amis est parfois plus fort que tout!

(24 mars 2024)

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Si c’est important pour moi que le cheval participe dans le processus de mettre le licou, ça l’est tout autant quand vient le temps de brider. J’aime qu’il s’avance et prenne le mors par lui-même quand je lui présente la bride. Par habitude je refais les mêmes gestes en lui demandant de baisser la tête, lentement, respectueusement, sachant que rien ne l’oblige à accepter cet objet dans sa bouche qui, à la fois freine sa liberté tout en le liant encore plus avec moi.

 

Avec Windy, c’est d'abord en enlevant la bride que j’ai appris à mieux utiliser mon corps, mon langage corporel et à reconsidérer la bride et le mors comme le prolongement de mes mains, avec plus de doigté.

 

Charming, elle, m’a comme soumis à des tests d’intelligence. Au début, je ne comprenais pas son aversion pour le mors. Elle réagissait au moindre contact et pendant longtemps j’ai préféré monter en « Freestyle », les rênes lousses ou encore mieux, sans bride.  Ce n’est pas étonnant que lorsque j’arrivais pour la lui mettre, elle m’indiquait clairement en détournant la tête que ce n’était pas son idée. J’ai travaillé fort et je me suis beaucoup demandé comment la faire changer d’opinion. Physiquement j’arrivais à lui passer la bride assez facilement, mentalement elle ne l’acceptait pas vraiment. Avec le temps, j’ai appris à mieux utiliser le contact avec sa bouche, à mieux communiquer et à rendre l’expérience plus intéressante autant pour elle que pour moi.  Plus subtilement maintenant, fidèle à elle-même, elle continue de me rappeler que je dois proposer avant d’exiger et me met constamment au défi de ne pas oublier sa grande sensibilité.

 

La nature tendue et intravertie de Zippo a fait en sorte que son initiation au mors fut assez difficile. Il serrait les dents et évitait d’ouvrir la bouche.  On a donc commencé par une simulation avec une cordelette qu’on lui passait entre les dents. Durant la manœuvre il a réussi à couper en deux le fameux Savvy string. Mais après un certain temps, avec l’aide d’un professionnel, il a fini par prendre confiance. Son attitude discrète et obéissante, tout en facilitant les choses, rendait parfois la lecture de son état émotionnel plus compliquée. Je dirais que physiquement et mentalement il acceptait le mors, mais émotionnellement parlant, on ne savait pas toujours où il en était.

 

Quant à ma belle Domino Zig Harmonie, elle se distingua par un autre phénomène. Aucun problème à lui enfiler la bride, aucune résistance. La difficulté se situait plus en selle. Contrairement à Charming qui tirait sur mes mains ou mâchait bruyamment en guise de protestation, Zig de son long cou suivait ou peut-être même fuyait le mors au point où j’avais l’impression d’avoir une anguille entre les mains. J’ai consulté pour aider Zig à avoir plus confiance dans l’action de prendre le mors et arriver finalement, en me concentrant bien, à sentir le contact qu’elle m’offrait.

 

Quelques chevaux plus tard, je demeure convaincue de l’importance et de la fragilité du rapport que le cheval entretient avec le mors. À chaque fois que je lui présente la bride, c’est comme une reconnaissance des efforts que je fais pour que notre relation reste positive.

 

(21 mars 2024)

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Le licou de corde

 

Ghislain est d’accord avec moi sur ce point, mettre le licou de corde correctement a été et sera toujours une des choses les plus difficiles à enseigner. C’est un exercice incontournable qu’on doit répéter à chaque fois qu’on entre en contact avec notre cheval. Aussi bien apprendre tout de suite à le faire correctement! C’est ce que je me dis mais ce qui paraît simple au départ, devient inévitablement plus complexe et passionnant si on y ajoute une nouvelle dimension et qu’on considère que la qualité du geste fait partie intégralement de l’approche, de l’acceptation et du rapport qu’on établit en tout premier lieu avec notre cheval.

 

Ce que j’ai appris de mes mentors c’est que la première question à se poser quand on s'approche du cheval, qu’il soit dans un box ou dans un parc : "Est-ce qu’il vient vers moi?" Pas juste physiquement mais émotionnellement parlant: "Est-ce qu’il est bien avec l’idée que je lui mette le licou?"  Ça peut devenir un challenge intéressant qui ouvre la porte à plein de questionnements. "Comment est-ce qu’il me voit?", "Qu’est-ce que je dois faire pour qu’il ait envie de venir et se laisser attacher?" Heureusement pour nous, ça s’apprend et ça fait aussi partie des premiers apprentissages qu’on doit intégrer pour entrer en contact avec notre cheval.

 

Et puis, comme le licou de corde est un équipement essentiel au Horseman, je pense qu’il est important de savoir pourquoi il est efficace et sécuritaire et pourquoi il constitue avec la corde de douze pieds un excellent moyen de communication. Il suffit de quelques simulations pour nous convaincre.

Mais avant de le présenter au cheval, vaut mieux être préparé et avoir les outils bien en place; la corde sur le bras, le nœud dans la main gauche avec le petit bout de corde qui dépasse, facile à saisir avec la main droite une fois que j’ai invité mon cheval à baisser la tête et à se tourner légèrement vers moi pour facilement l’enlacer de mes deux bras. (Ceci est une touche très personnelle mais cette accolade me donne l’occasion de me coller furtivement le nez sur son poil pour sentir son odeur et souvent même l’embrasser☺️).

Sans le lui imposer, j’invite mon cheval à glisser son nez dans le licou que je lui présente et je termine la manœuvre un peu plus technique par un ajustement adéquat du licou et le fameux nœud sur lequel on n’insistera jamais assez pour qu’il soit fait correctement.

 

C’est vrai qu’une seule séance ne suffit généralement pas pour maitriser toutes les étapes mais chose certaine, avec la pratique et le temps, une fois bien intégrée cette habitude devient plus naturelle et le licou se retrouve sur la tête du cheval ou bien rangé sur le crochet sans qu’on ait à se tracasser de savoir comment il s’est rendu là. Le plus important et ce que je retiens à chaque fois, avec chaque cheval, c’est le plaisir et la satisfaction de le voir coopérer, prêt à faire la moitié du chemin pour me suivre.

 

Je comprends qu’on peut trouver ça compliqué et ne pas tout retenir d’une seule fois. Je sais aussi que ça peut être plus difficile au début avec certains chevaux. J’ai eu la chance à plusieurs reprises il y a de ça plusieurs années, d’observer Don Halladay prendre le temps de démontrer et de nous expliquer en détail comment mettre le licou avec excellence. J’étais épatée de voir Windy se prêter volontairement à l’expérience. Le confort et la patience qu’il manifestait, comme s’il était « heureux d’être là ». D’ailleurs tous les chevaux semblaient apprécier l’expérience. Il émanait de Don, dans chacun de ses gestes quelque chose comme l’amour des chevaux.

(17 mars 2024)

On a tous été un jour plus ou moins attirés par les ballons. Je constate que c’est à peu près la même chose pour les chevaux. Il y en a qui vont courir après et pousser le ballon avec enthousiasme, il y en a d’autres qui essaient simplement de le mordre ou même de l’écraser. On a eu Zippo qui le bottait jusqu’à destruction totale et Charming qui lui aurait fait faire des kilomètres juste pour obtenir un bonbon. Certains passent vite à l’indifférence après un brin de curiosité et d’autres qui dans leurs bons jours, trouve ça excitant et passent un bon moment. J’en ai vus cependant qui avaient une peur bleue du ballon, ce qui n’est visiblement pas le cas de Billy qui aime bien jouer avec mais qui trouve généralement l’humain encore plus intéressant.

Le ballon est un bon moyen pour apprendre à lire et mieux connaître notre cheval. Par exemple, Boréale n’a aucun problème à faire rouler le ballon en avant d’elle et le promener dans l’aréna. Je l’ai vue souvent aller le chercher par elle-même. Rien de bien excitant cependant dans son jeu qui ressemble plus à un passe-temps ou un manière de répéter un pattern. Mais je me suis rendue compte qu’elle réagissait fortement et ne pouvait le tolérer en arrière d’elle ou autour de ses postérieurs. J’en ai donc fait moi-même un jeu de mise en confiance pour la rendre plus confortable en roulant le ballon au sol d’un côté à l’autre, en m’approchant petit à petit de son arrière-main jusqu’à ce finalement elle accepte d’avoir un contact avec le ballon. Une fois que j’ai enfin réussi à la faire reculer calmement jusqu’à toucher le ballon avec un postérieur,  j’ai vu qu’elle paniquait quand je soulevais cet énorme ballon dans mes bras. Malgré sa taille imposante, Boréale, ma force tranquille est loin d’être aussi imperturbable que Charming qui elle, adore se faire masser par le ballon qui roule doucement sur son dos…

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que chaque fois qu’on découvre une peur particulière pour un cheval, cela nous donne l’occasion de lui prouver qu’on peut l’aider. On renforce ainsi notre relation en tant que bon leader tout en diminuant les tensions et les risques d’accidents.

C’est comme ça que j’ai fait le lien avec d’autres jeux qui impliquent son arrière-main. La difficulté de reculer entre deux cônes ou deux barils. Elle passait à travers le rideau mais en se dépêchant pour se retrouver de l’autre côté. Reculer ou s’arrêter à mi-chemin dans le rideau était comme impossible.  Pas étonnant qu’elle soit partie au galop comme une flèche après qu’une branche lui a touché la croupe au cours d’une promenade.

De temps en temps avant de monter ou simplement pour passer du temps de qualité, je lui propose le ballon.  On s’amuse parfois à se le renvoyer une en face de l’autre mais j’en profite aussi pour aller vérifier son niveau de confiance en allant un peu plus loin dans ses zones d’inconfort. Je décèle encore des tensions mais ça progresse.

Comme pour les humains, c’est souvent plus plaisant de jouer avec un partenaire. L’avantage pour le cavalier, c’est d’apprendre à bien se positionner, à utiliser un bon focus pour diriger le cheval vers la cible qui est le ballon. Celui-ci finit par comprendre l’idée et participe activement au jeu. On commence avec une corde qui doit rester lousse la plupart du temps. Plus tard, un cheval volontaire peut répondre avec simplement une suggestion.  Bien sûr, quand le climat en est un de détente, il y moins de danger que le cheval devienne anxieux ou décide simplement de quitter. On peut même s’amuser à plusieurs, à condition de ne pas oublier les règles, son partenaire, et aussi de rire!

(14 mars 2024)

Ça se passait à l’automne 2019. Un beau groupe de neuf jeunes filles apprennent l’abc du cheval et comment les manipuler de façon sécuritaire. Elles apprennent comment lire le cheval, comment faire des demandes claires pour que le cheval comprenne et donne la bonne réponse. On peut dire que c’était assez facile pour elles d’avoir la bonne attitude, d’être de bonnes partenaires pour les chevaux. Le respect et la volonté de bien faire se voyait de chaque côté de la corde. Je ne sais pas si elles auront toutes la chance d’explorer encore plus la relation Humain/Cheval, au sol et en selle, mais chose certaine, elles l’auront  bien sentie et sauront ce qu’il faut faire pour établir une relation de confiance et un bon partnership.

(13 mars 2024)

Je ne suis pas étonnée de voir à quel point le lien de confiance, le partnership entre Mia et Summer s’est renforcé ces dernières années. C’est la conséquence des bonnes habitudes que Mia a acquises, qui font maintenant partie d’elle et qu’elle met en pratique dès qu’elle est en relation avec Summer.

Ce vidéo date d’il y a deux ans, alors que Mia n’avait que 14 ans. Dans son attitude, Mia prend le temps d’inviter la jument à se placer calmement de manière à pouvoir monter de façon sécuritaire.  Il y a un peu de fébrilité dans l’air, c’est souvent le cas quand on se sait filmé.  Mais Mia offre déjà un bon contact à la façon qu’elle manipule les rênes et se montre rassurante avant de monter et au moment où Summer relève un peu la tête. Elle intervient correctement lorsque Summer anticipe le départ au pas, comme pour lui dire en bon leader : « Attend moi…reste avec moi ».  Elle donne l’exemple en expirant comme pour se relaxer elle-même. On sent l’importance de préserver la connexion et la détente pour entamer avec confiance la suite de l’exercice.  

Summer accompagne Mia d’une belle impulsion au pas qu’elle prouve en s’arrêtant de manière aussi coopérative une fois rendue à destination pour permettre à Mia de prendre sans difficulté les deux Carrotsticks. Puis elles repartent tout aussi attentives l’une à l’autre.

Ce que je trouve beau dans ce très court métrage, c’est que Mia apprend déjà à sentir, à bien réagir, à mettre sa partenaire en confiance et à bien la guider, tout ça avec le sourire. Nul doute que cela présage bien pour l’avenir! 

(12 mars 2024)

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Hier, je me rendue jusqu’au champs sur le dos de Charming pour la première fois depuis qu'elle s'est fracturé la troisième phalange dans un pied, il y a de cela plus d'un an. Avec un pronostic incertain vu son âge et après tous ces mois de convalescence et de précautions, j’ai hésité à faire le trajet.  Il faut dire que Charming a beaucoup de tempérament et je me rappelle encore toutes les fois où elle affirmait haut et fort ce qu’elle voulait et ce qu’elle ne voulait pas. J’ai appris à la connaître, à deviner ses peurs et ses idées avant qu’ils ne deviennent prétextes à se déconnecter, à vouloir prendre en charge et même à vouloir me ramener à l’écurie. Parfois super relaxe, parfois déterminée à profiter au maximum du buffet qui s’offre à elle, j’ai appris à m’ajuster à ses humeurs et garder le contrôle sans nuire au plaisir de profiter d’une belle sortie, qu'on soient seules ou avec des amis.  Elle est devenue parmi mes juments, la partenaire avec laquelle je suis le plus confortable pour les randonnées.

  Alors hier, j'étais contente de la sentir à son meilleur, sûre d’elle et détendue. Elle a gardé le focus jusqu’au champ où elle a pu brouter le temps d’une pause. Ça aussi c'était une première pour un début de mars!

Je suis revenue avec cette impression toujours un peu étrange de constater qu’avec un cheval, peu importe l’intervalle de temps qui s’écoule entre deux sessions, on reprend exactement là où s’est laissés, comme si c’était la veille. Mentalement elle n’a pas changé mais je vais demeurer prudente quant aux conséquences sur ses capacités physiques.

 

(8 mars 2024)  

En regardant défiler ces photos, c’est surtout à Queen’s last love auquel je pense. À commencer par sa vie d’avant, en tant que cheval de compétition; Ghislain et lui ont fait bien du chemin et parcouru bien des routes pour suivre les circuits de Performance Western. Toujours tiré à quatre épingle, pas un poil qui dépasse, c’était au trot qu’il entrait dans la remorque qui l’emmenait au concours où, d’années en années il cumulait les points sur son cv  à mesure que de nouvelles épreuves s’ajoutaient.  Il avait bien mérité son titre de Cheval supérieur à l’American QH. La logique aurait voulu qu’il continue sa carrière comme cheval sénior en enseignant à un jeune cavalier comment gagner des rubans. Mais l’enthousiasme qu’il démontrait à sortir de son box, à explorer de nouvelles avenues jusqu’alors inaccessibles  a convaincu Ghislain de poursuivre l’aventure avec son vieux partenaire, celui avec lequel il partageait maintenant l’envie de faire autre chose tout en continuant d’apprendre.

 

Ce fut donc un très beau jour quand pour la première fois on a intégré Queen’s et Windy dans leur nouveau parc à la ferme. Quelle exubérance! Un vrai jardin d’éden où l’on avait pris soin de laisser les arbres pousser sur une partie du terrain. C’était touchant de voir deux chevaux de 18 et 19 ans découvrir avec excitation un nouvel environnement qui leur offrait un semblant de liberté.

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Avec le temps, Queen’s a su nous exprimer son besoin de socialiser avec les autres chevaux, avec Windy tout particulièrement. On les a vu courir, brouter, dormir ensemble, ils ne se lâchaient pratiquement pas.  Il a su nous démontrer que l’entraide était possible entre chevaux en partageant les mêmes jeux ou comme ma voisine me l’a conté, en s’efforçant pendant de longues minutes d’aider Windy qui s’était empêtré dans une corde. Il a su aussi nous démontrer son immense besoin d’activités en réduisant des arbres en grattoirs personnels ou en simple bâtons qu’il utilisait ensuite pour faire bouger ses amis. Un cheval merveilleux pour ses capacités physiques, son intelligence et son esprit généreux. Bref, il enjolivait nos journées par l’enthousiasme et la joie de vivre qu’il exprimait sans retenue. 

(7mars 2024)

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Charming et Zippo ont été nos premiers bébés et la relève de Windy et Queen’s qui prenaient de l’âge. Ces photos me ramènent à une époque où j’ai dû m’adapter au fait que Charming et Zippo avaient chacun leur propre individualité, des particularités qui différaient énormément de celles de Windy et Queen’s.

Face à une pouliche qui semblait n’avoir peur de rien et qui était pourvue d’une curiosité surprenante, je me suis mise à lui proposer des jeux variés et mis des objets insolites à sa disposition, comme par exemple des boîtes de carton qu’elle mettait en pièces, des bâches qu’elle promenait ou enterrait de sable. J’ai été étonnée et amusée de l’intérêt qu’elle portait aux cerceaux qu’elle faisait tournoyer autour de son cou et qu’elle balançait entre ses oreilles.

Chose que bébé Zippo n’aurait jamais osé faire car il était particulièrement sceptique et peureux.  La confiance de son amie l’amenait à s’approcher et même à toucher mais  ça devenait un problème quand, saisi par la peur il n’arrivait plus à ouvrir la bouche, à desserrer les dents et relâcher l’objet en question. On l’a vu souvent partir en courant comme s’il était poursuivi par un monstre. Ghislain a pris le temps et mis beaucoup de patience à l’exposer à différentes choses. De longues sessions d’approche et de retrait pour le mettre en confiance et à reprendre souvent à zéro dès le lendemain.

En vieillissant il est devenu un beau grand garçon capable de tout mais comme le montre cette photo, sa nature profonde prenait parfois le dessus. Ça se passait durant une clinique où on était plusieurs à rire de la situation alors que Ghislain a entamé un tour complet de manège sans que Zippo, guidé par une quelconque tension intérieure, ait pu lâcher le cône avec lequel il jouait pendant l’attente.

 

(4 mars 2024)    

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En examinant l’étrange position de Windy sur la photo, on a l’impression qu’il est en train de gratter le dessus de son postérieur droit. Mais pour avoir vu plusieurs chevaux en action, je dirais qu’il a pu, ou qu’il va utiliser son postérieur pour se gratter en arrière de l’oreille. On est toujours impressionnés par l’équilibre, la force et la souplesse qu’exige une telle contorsion. Ses membres sont écartés et bien ancrés au sol pour rester en équilibre tandis que sa tête est complètement orientée vers l’arrière.

Mais je sais pertinemment que sa cavalière a pu voir ce genre d’acrobatie comme un pied de nez et se dire :        « Wow… comment se fait-il que je dois travailler si fort pour en arriver à enlever les tensions et obtenir de belles flexions! »

(1er mars 2024)

Dernièrement j’ai vu passer le post d’une amie qui se demandait ce qu’il fallait faire pour éviter que son jeune chien se fasse blesser par ses chevaux.

 

Ça m’a interpelé car :

-Je me pose la même question à chaque fois que j’ouvre la porte de l’écurie avec mes deux jeunes carlins et qu’il y a des chevaux dans l’allée.

-Je retiens mon souffle à chaque fois qu’un de ceux-ci décident de prendre un raccourci pour passer à travers les jambes du cheval.

-Je fige quand un cheval étire son cou pour aller sentir un de mes chiens ou encore quand il se dirige vers le chien les oreilles dans le crin.

-Ça me dérange d’avoir à mettre les harnais à chaque fois que je veux faire une promenade avec mes chiens ou que je doive les laisser à l’intérieur quand ils pleurent pour me suivre dehors.

-Ça m’agace quand Tao cours et s’agite autour de moi pendant que je conduis un cheval à quelque part.

-Ça me fâche quand je lui crie de s’en aller ou de revenir et qu’il ne veut pas comprendre. J’ai peur pour lui quand mon cheval devient curieux ou nerveux.

-Et je trouve ça plate aussi de ne pas pouvoir amener Tao quand je fais trotter ou galoper mes chevaux; ça le met dans tous ses états et il n’arrête plus de courir et de japper.

 

Pour avoir vu Windy poser le pied sur Marjo qui ne comprenait pas les signes qu’il donnait pour qu’elle s’éloigne…

Pour avoir vu Philo recevoir un coup de pied sous le menton parce que Charming n’appréciait pas le voir creuser dans son parc…

Et pour avoir consolé Sable qui s’était fait piler sur un orteil par bébé Zippo…

J’ai compris que la cohabitation des chiens et des chevaux amène son lot d’inquiétude et de problèmes. Il faut arriver à un certain lâcher prise, rester relativement calme tout en diminuant les risques d’accidents autant que possible.

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La question n’est pas de savoir s’ils peuvent devenir ou pas des amis. Il y a des chevaux plus tolérants et d’autres moins. Il y a des chiens gentils et d’autres moins sympathiques; des situation problématiques et des évènements imprévisibles. On ne peut pas présumer de rien avec les chevaux. L’effet surprise constitue un danger potentiel pour tout beau monde qui gravitent autour, toutes espèces confondues.  Et même si nos chevaux se sont habitués à Tao qui virevolte joyeusement dans la cour,  l’arrivée soudaine et bruyante des deux Corgi de la voisine a tendance à les faire paniquer.

 

La meilleur chose qu’on peut faire c’est d’éduquer les chiens à se tenir loin des chevaux. Ça prend du temps, de la patience et ça cause bien sûr des désagréments. Dans le contexte de la ferme, je dois sans cesse être consciente où se trouvent mes petites bêtes qui aiment beaucoup explorer pour trouver et grignoter du crottin de cheval. J’observe pour déceler de part et d’autre les attitudes qui pourraient créer un certain  chaos. Entre attacher un chien en permanence et le laisser faire ses expériences par lui-même il y a beaucoup de marge pour utiliser notre bon jugement. On évalue les risques et on agit en conséquence. On apprend aussi par expérience, on connaît mieux les caractères de nos chiens et de nos chevaux. À force de répéter, de ramener le chien, il finit habituellement par comprendre, mais c’est pas garanti.  

Alors c’est toujours non quand un chien veut nous suivre et entrer dans les enclos et sur le terrain d’entrainement. C’est clairement non quand ils veulent approcher les chevaux de trop près. Je les tiens en laisse tant qu’ils trop curieux ou insouciants. C’est pas mauvais qu’ils apprennent à se méfier car le risque zéro n’existe pas malheureusement.

 

Finalement je n’ai jamais compris pourquoi Windy a posé le geste. Je sais que Zippo n’a pas fait exprès mais Charming elle, savait très bien ce qu’elle faisait. « Tasse-toi de là!!! » Cependant on ne peut pas les blâmer pour ce qui m’apparaît plus comme un manque de vigilance. Quand j’ai pris les photos, j’étais loin de me douter de ce qui allait arriver. Maintenant  je trouve plus « cute » de voir Tao attendre sagement en dehors de l’enclos.

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Synchronisation, connexion et harmonie.

 

J’ai toujours été à la fois fascinée et intriguée par la façon que les chevaux se synchronisent entre eux.

J’en ai eu une belle démonstration pour la première fois il y a plus de vingt ans. Ghislain et moi avions sorti Queen’s last love et Windy dehors dans un paddock pour qu’ils puissent bouger à leur aise.  C’était le soir et il faisait très froid; ils étaient enjoués et avaient envie de bouger. Ils galopaient en prenant tout l’espace disponible dans l’enclos en forme de rectangle. Même en prenant des directions différentes, ils arrivaient à se rejoindre en formant des figures d’une précision incroyable. Non seulement ils harmonisaient leur vitesse mais aussi leurs déplacements comme dans une chorégraphie. Une connexion que je devinais alors mais sans trop comprendre.

Quand Zig est arrivée à la ferme alors qu’elle n’avait que 5 mois et demi, on l’a présentée à quelques chevaux qui ont manifesté peu d’intérêt si ce n’est du rejet pour la pouliche dont l’expression faciale ne révélait que soumission. Mais en approchant Zig du parc où se tenait notre cher Windy, il l’a pris en charge d’une telle manière qu’on a pas hésité à la lui confier. Encore une fois on a pu admirer l’intelligence et le bon leadership de Windy qui, en quelques minutes lui a enseigné le respect et les avantages d’une belle coopération. Une amie a pris des photos en rafale de ces instants où les mouvements de la tête, du corps et les pas de bébé Zig se synchronisent étonnamment bien à ceux de son vieux maître. 

 

Dans la deuxième séquence on assiste à une petite discussion entre Windy et Zig après que cette dernière eut de façon plutôt audacieuse levé les postérieurs vers Windy pour le ruer lors d’une joyeuse petite course dans le parc. Celui-ci la poursuit, la rattrape et l’immobilise.  Il s’ensuit un tête-à-tête, la photo parle par elle-même, qui se termine par une remise au pas où Zig se remet à marcher tranquillement à côté de Windy tout en baissant la tête. Dans cette séquence, je suis là encore frappée par le synchronisme des mouvements, avant et après la pause, alors que le langage corporel de Windy démontre bien son intention d’expliquer à la petite Zig que ce n’est pas poli ni permis de faire ça à son supérieur hiérarchique. Encore un des merveilleux exemples où Windy nous a fait la démonstration qu’un bon leadership passe par la communication et non la force.

Maintenant, peut-on espérer obtenir une telle harmonie dans les mouvements entre le cheval et l’humain? Ce n’était pas mon intention lorsque ces photos ont été prises en 2012 avec un photographe à la fin d’une clinique. J’espérais obtenir une bonne photo non statique en dehors du terrain d’entrainement mais ce n’est que bien plus tard en revoyant cette séquence, que mon attention s’est portée sur la manière dont mes deux jambes en courant se synchronisaient avec les antérieurs de Charming qui trottait. J’ai remarqué également nos deux têtes qui se tournent en même temps, en croisant nos regards comme dans un effet miroir. Peut-être une coïncidence, me direz-vous; juste quelques pas pendant quelques secondes. Mais au moins faut-il aller à la même vitesse dans la même direction. Encore faut-il s’ajuster à l’autre, faire en sorte que ce soit possible. En fait, j’essaie seulement de m’expliquer c’est quoi être en relation avec mon cheval.

Je ne pense pas me tromper en affirmant que dans ces trois exemples, pour obtenir une bonne synchronisation, la connexion mentale et un bien-être émotionnel résultant de la confiance et d’une bonne communication sont nécessaire.

Les jeux au sol autant que les exercices en selle qu’on pratique pendant des années nous aident à trouver cette symbiose à l’image de deux partenaires de danse.

Je me rappelle plusieurs vidéos où j’ai compris qu’on pouvait se synchroniser sur les pas du cheval pour que celui-ci veuille ou puisse s’harmoniser aux nôtres. J’ai appris aussi qu’il fallait apprendre à « matcher » l’énergie du cheval pour être efficace, le garder attentif et aussi bien dans sa tête.

Même chose en selle; faire avec notre corps que ce que le cheval a besoin de faire et surtout, relaxer quand ça va bien. Être capable de l’accompagne, sans bloquer ses mouvements, sans être dans son chemin pour qu’il puisse ensuite sentir le moindre changement de notre part, la moindre demande et accepter de nous suivre.

 

J'ai pu me rendre compte très souvent que tout ne va pas toujours comme dans le meilleur des mondes. Il faut souvent sortir notre coffre à outil pour remettre la connexion en état de marche. Mais le jeu en vaut la chandelle!

Durant les fêtes, la petite Maeva est venue nous visiter et pour la première fois elle a fait un peu de liberté avec Maggie. C’était beau de les voir toutes les deux. J’irais jusqu’à dire qu’on est capable de voir par leurs yeux qu’elles étaient synchro et surtout bien ensemble!

Comme je le disais précédemment, certains chevaux trouvent un malin plaisir à explorer l’intérieur de l’écurie et à manipuler les objets qui attirent leur attention.  J’ai compris que l’odorat joue un bon rôle quand j’ai vu Billy ouvrir les portes d’une armoire pour récupérer un jouet du genre gâterie que j’avais caché la veille parce que je trouvais qu’il le mangeait trop vite. Billy est très clair aussi et persistant quand il veut que je lui donne le restant des vitamines et minéraux que Charming a laissé dans sa mangeoire ou quand il me demande d’ouvrir la porte d’un box vide où il a flairé qu’un cheval y a laissé tomber quelques granules sur le sol. Il me regarde puis pointe son nez vers ce qui lui est inaccessible... comment ne pas lui céder!

 

J’ai pu voir aussi que ça pouvait aller encore plus loin dans le processus mental d’un cheval qui a la chance ou plutôt la malchance d’être confiné dans l’écurie pour une longue période à cause d’un problème physique sérieux.  Ainsi, je laissais ma belle grande Zig circuler à sa guise le matin pour lui permettre de se dégourdir et d’aller jaser un peu avec ses ami(e)s. Elle avait une attirance particulière pour Summer qui lui rendait bien. C’est dans mes tentatives de filmer Zig pour le  vétérinaire que j’ai compris pourquoi à deux reprises les semaines d’avant, j’avais cru faussement avoir mal fermé la porte du box de Summer en la voyant passer dans l’écurie. C’était Zig qui lui ouvrait la porte.

Sur la vidéo on la voit d’abord essayer d’entrer dans la sellerie. J’interviens pour lui faire changer d’idée. Elle flâne un peu, se gratte puis poursuit le chat qui passe à côté d’elle. Quelque chose alors l’arrête. Elle aperçoit le loquet de la porte de Summer qui est un peu relevé, elle étire son grand cou, le tasse et puis tire la porte. Bravo Zig, bien réussi!

(22 février 2024)

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J’aime bien observer les chevaux quand ils sont libres dans l’écurie. On remarque facilement ceux qui sont plus curieux et les moins peureux. Ils vont partout et touchent à tout. Charming, qui a toujours été une excellente observatrice, avait l’habitude quand elle était petite de remarquer tout ce qui n’était pas là auparavant ou avait changé de place. Elle ne manquait pas d’aller vérifier s’il ne trainait pas des carottes sur le comptoir de la sellerie. C’est par hasard peut-être, qu’une nuit elle a même trouvé le moyen d’ouvrir la porte de son box, les lumières et la porte de l’écurie pour aller se promener dehors en traçant des boucles dans la neige. Je l’ai trouvé le matin au beau milieu d’un fouillis où elle avait jeté par terre tout ce qui était à la portée de sa bouche.

Mais celui qui mérite la palme dans cette catégorie, c’est notre petit Billy Bang Bang.  Je soupçonne qu’on l’a nommé ainsi à cause du bruit qu’il fait sur son passage. Il s’entête particulièrement à renverser la poubelle, la bonbonne d’eau des chats et la brouette de foin. Il adore faire sauter les couvercles, aucun contenant ne lui résiste. Bref il ne faut pas le laisser trop longtemps sans surveillance. Heureusement pour lui, son charme opère à tout mauvais coup et on ne peut que sourire et lui pardonner.

(21 février 2024)

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C’était en 2006, à notre premier voyage au Colorado pour assister à un Summit au centre Parelli.

Comme notre connaissance de l’anglais se limitait à cette époque aux efforts que je faisais pour traduire les textes écrits du matériel éducatif, je me reprenais à 2 ou 3 fois pour regarder les vidéos. Randee Halladay, qui a pris la photo, avait raison de dire que le langage du corps est universel.  

Rien n’est plus inspirant que d’assister à un bon partnership. Le plaisir de voir le lien qui unit le cavalier à son cheval. L’intérêt que cela suscite de comprendre la logique, le bon sens derrière tout ça. L'attitude, les gestes, pas besoin de mots pour être en accord.

Chose certaine, Ghislain et moi on était sur la même longueur d’onde, à la même place et à notre place parmi tout ce beau monde réunis par l’amour des chevaux.

(19 février 2024)

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Pourquoi les jeunes auraient-ils avantage à développer un bon Horsemanship?

 

C’est vrai que bien souvent la première chose qui leur vient à l’esprit en voyant un cheval c’est de monter dessus. Certains sont trop impressionnés par la grosseur de l’animal, d’autres le voient comme une belle façon de démontrer leur bravoure. Pour ceux qui en rêvent depuis « longtemps », l’insouciance pour ne pas dire l’inconscience fait en sorte d’enlever bien des barrières. Physiquement ils sont avantagés par la souplesse et la vigueur de la jeunesse et ils sont motivés bien souvent par leur désir de faire comme les grands et de réussir aux yeux de leur entourage. Quand ils sont supervisés, leur cerveau absorbe les informations comme des éponges et il apprennent rapidement tout le matériel qu’on leur propose, le bon comme le mauvais.

 

Comment faire la distinction de ce qui leur convient pour qu’ils puissent évoluer positivement avec les chevaux?

Je dirais que de ne pas les laisser à eux-mêmes face à un être vivant qu’ils ne connaissent pas et qui peut être potentiellement dangereux question sécurité, c’est déjà une bon début. S’ils sont accompagnés par des personnes expérimentées qui leur font découvrir la possibilité d’une relation basée sur le respect de l’autre c’est déjà prometteur. Si tenir compte du point de vue du cheval fait en sorte que l’équation amène de part et d’autre une bonne connaissance, une bonne lecture et une bonne compréhension de ce qui se passe, c’est merveilleux car l’enfant apprend le langage du cheval, à « penser cheval » avec un cheval qui collabore et qui est plus confiant.

 

Que ce soit dans les loisirs ou le sport, je crois que ça revient aux adultes de ne pas considérer les chevaux comme des équipements ou des instruments mais comme un partenaire qui se veut le plus sécuritaire possible et surtout enrichissant pour leurs enfants.

Malheureusement, même avec les meilleures intentions, peu de gens savent et reconnaissent ce que les chevaux peuvent nous apporter.

(16 février 2024)

Qu'est-ce qui se passe dans la tête de Charming?

 

Pour quelqu’un qui ne connaît pas les chevaux, cela semble être une situation cocasse qui finit bien.

Et pour quelqu’un habitué aux chevaux, c’est probablement étonnant car en général les chevaux n’aiment pas entrer dans une remorque, encore moins en liberté.

 

Mais pour quelqu’un comme moi qui connaît Charming depuis qu’elle est toute petite, je dirais avec une pointe d’exaspération : «  C’est bien elle ça! Habituellement elle veut toujours aller dans le trailer! »

En effet, Charming est particulière et elle ne perd jamais une occasion d’une petite visite à l’intérieur du trailer, par curiosité ou pour avoir la paix et y trouver souvent de quoi à manger.

Mais là, pour faire le vidéo elle a senti mon intention trop forte (trop de pression) et en bonne dominante introvertie qu’elle est (c’est moi le boss), elle a choisi de suivre une autre idée et de se sauver en contournant l’entrée du van. 

Mais quelque chose lui a fait changer d’idée. Je dirais qu’elle a rencontré sur son passage le cheval dont on aperçoit le bas des jambes et qui est en train de brouter derrière la porte du van. C’est probablement Windy qui lui a fait oublier son état d’esprit et elle est revenue à  l’idée première qui est la mienne, celle d’entrer dans la remorque en démontrant une attitude quasi comique de soumission.  

Après plus de vingt ans avec elle, j’ai appris à vivre ce genre de situation qu’il vaut mieux considérer avec humour. Charming sait très vite ce que lui suggère de faire et elle est plutôt du genre à dire: "Laisse-moi faire toute seule!"  On ne sait jamais trop trop à quoi s'attendre avec Charming... 😅

(Février 2024)

 

 

Admirez… quelques secondes dans la vie d’un cheval ! La beauté, la précision et la puissance des mouvements… ce besoin de déployer, d’étirer et de détendre tous les muscles de son corps.

Imaginez …des jours, voir des semaines coincés dans un espace où rien de tout cela n'est possible.

(Février 2024)

Amusant et intéressant de voir Charming et Billy ralentir le rythme de leur pas pour s’ajuster à celui de Ghislain qui est plutôt lent et hésitant. Un bel exemple que les chevaux peuvent établir d’eux-mêmes un rapport harmonieux avec l’humain.

Pour avoir vu dans ce même parc, une très jeune Charming courir en arrière de Ghislain dans le sillon creusé dans la neige pour le projeter comme une quille sur son chemin… c’est plaisant de la voir si patiente, respectueuse et connectée…

 

(Février 2024)

C’est toujours difficile de choisir les mots qui expliquent le mieux notre pensée et c’est encore plus délicat d’expliquer avec nos mots le comportement de notre cheval.  

Dernièrement, Ross Jacob (Good Horsemanship) soulevait la question : Est-ce qu’on peut dire d’un cheval qu’il est « happy » ou « heureux »?  Comme c’est déjà compliqué de savoir ce qu’est exactement le bonheur pour nous, comment l’évaluer chez nos partenaires équins? 

J’aurais tendance à attribuer le mot « bonheur » à ces petits moments ou le confort prend le dessus sur tout le reste. On sait que les chevaux ressentent des émotions mais comment dire si c’est comparable à ce que nous éprouvons? Nous souhaitons leur bien-être mais que faut-il faire pour leur procurer?  

C’est en apprenant à les connaitre mieux qu’on peut s’y approcher je pense. Comprendre leur point de vue, répondre à leurs besoins, pas seulement aux nôtres, mieux communiquer, pas juste en sens unique. J’ajouterais à tout ça qu’un élément essentiel au bonheur pour un cheval c’est de pouvoir être lui-même. Avoir la liberté de faire ce qu’il est naturellement prédisposé à faire. 

Voici un petit vidéo pris à un moment privilégié où on peut aisément penser que mes chevaux sont contents, celui où je les sors de l’écurie le matin pour aller brouter librement sur le terrain. Dans le vidéo Billy le petit malcommode exprime de l’exubérance à courir et provoquer les autres pour jouer. Charming préfère l’ignorer en continuant de manger. Summer, la jument Paint se prête au jeu tout en s’assurant de maintenir son leadership sur Maggie la jument grise. 

Qu’est-ce qui les rend heureux? La liberté? Courir? Brouter? Socialiser? 

Je pense que c’est un peu tout ça et ça répond à la fois à des besoins physiques, mentaux et émotionnels. Et comme pour nous, cela diffère d’un individu à l’autre.

Si nous voulons qu’ils soient « heureux » d’être avec nous, il faut éviter de les enfermer dans un cadre trop rigide. Lorsque nous interagissons avec eux, nous devons tenir compte de leurs caractéristiques particulières, en mettant l’accent sur leur Horsenality, et faire en sorte de les aider à évoluer d’une manière la plus positive possible en leur nuisant le moins possible. C’est ça le Horsemanship!

(Février 2024)

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 Voici deux citations difficiles à traduire. Je me suis longtemps creusée la tête pour bien les comprendre, je les ai tournées dans  tous les sens et avec le temps elles ont pris tout leur sens. 

 

- “A horse doesn’t care how much you know until he knows how much you care.”

- “Put you hand on your horse and you heart in your hand.”                                     

 

    Ces deux phrases résument toute l’importance du cœur et de la raison dans la relation Humain/Cheval. Le Natural Horsemanship a été d’abord pour moi un réservoir de connaissances fiables dans lequel j’étais avide de puiser et d’apprendre. La traduction des textes et les multiples re-visionnements des vidéos remplissaient mon temps libre en attendant la  mise en pratique avec mes chevaux. À mesure que le programme évoluait et se remodelait, à partir des cassettes VHS jusqu’au Web, je revisitais les informations pour en saisir chaque détail. À chaque fois que s’ajoutait un nouveau cheval à notre troupeau, c’était une occasion pour vérifier les dernières recommandations. Développer des habiletés ne s’est pas fait en un clin d’œil mais avec le temps, en utilisant les techniques et en apprenant de mes erreurs, le cerveau finit par coordonner les réflexes et les mouvements.

Très vite, en passant du temps avec Ghislain et nos chevaux, j’ai réalisé que nos personnalités et tempéraments propres à chacun influençaient énormément notre apprentissage et nous amenaient dans des territoires différents.  J’ai appris à jouer avec les stratégies correspondant aux particularités de chaque cheval. Les caractéristiques inhérentes à chaque individu m’ont parfois ralentie mais aussi stimulée à m’améliorer et progresser. Un long parcours avec des déceptions parfois mais rempli aussi de merveilleuses surprises. Des sessions qui se terminent avec un bel enthousiasme et d’autres avec un sentiment de réussite mitigée. Avec le temps on développe des habiletés qui dégagent de l’assurance et des compétences que le cheval finit par reconnaître. Une fois les connaissances bien intégrées, s’ouvre alors l’opportunité d’une conversation basée sur l’acceptation et la compréhension de ce que l’autre veut nous dire. Quelque chose comme accepter de modifier mes actions de manière à ce qu’il soit plus confortable et en accord avec mes intentions.  Je me suis souvent demandé qu’est-ce qui contribue le plus au bonheur d’une session stimulante, quel est l’ingrédient secret qui se cache derrière cette impression d’avoir vraiment connecté avec son cheval?

     La première chose qui me vient à l’esprit, c’est la capacité d’être tout simplement dans le moment présent avec mon cheval; encore faut-il que lui veuille bien être avec moi, et pas juste physiquement!  De plus, il y a de fortes chances que ce que j’éprouve lorsque je suis avec lui va transparaitre dans nos échanges et influencer la relation.

     À force de me revenir en mémoire dans différentes situations, j’ai fini par reconnaître l’importance de certains conseils qui avaient attirés mon attention au début de mon parcours: « Sourire ou siffler au lieu de serrer les dents », « arrêter quand on a l’impression de travailler au lieu de jouer », « ça n’a jamais pris plus que deux jours », « ce n’est pas la faute du cheval », dire : « Intéressant!...à la place de : Oh non! »  Ce sont des petits trucs bien simples qui n’ont l’air de rien mais qui sont là pour nous aider à gérer nos émotions, surtout à rester positifs et à désamorcer des réactions trop fortes qui pourraient nuire à la relation. On ne le réalise pas toujours mais quand on veut trop contrôler les actions et les mouvements de notre cheval, on oublie bien souvent de surveiller et conscientiser nos propres émotions qui malheureusement ne sont pas toujours positives.  Les chevaux y sont très sensibles et ce n’est pas étonnant qu’ils deviennent craintifs ou méfiants. Les tensions qui en résultent de part et d’autres dans la relation vont nuire à l’apprentissage qui lui, nécessite un climat plutôt serein et calme. Subtilement, le désir de progresser implique déjà une pression sur nous-même qui se répercute sur notre cheval quand on applique une pression. Il y a un espèce d’équilibre entre vouloir et laisser faire qui demande énormément d’habileté. Ainsi, pour toutes sortes de raisons, un tas d’émotions s’insinuent dans la relation et rendent la conversation plus confuse. Alors quand le cheval ne répond pas à nos attentes, vaut mieux ne pas se fâcher, revenir au neutre, adopter des sentiments moins perturbateurs et se dire : « Qu’est-ce que je pourrais bien faire pour améliorer la situation? ». J’essaie de me conditionner à avoir une attitude plus positive quand je suis avec mon cheval. Ce n’est pas toujours évident mais il sera certainement plus disposé si je dégage une énergie qui ressemble à du bien-être, de la satisfaction et du plaisir! « Espérer beaucoup, je contenter de peu et récompenser souvent » est une formule gagnante!

     Dans tout ce tumulte d’apprentissages qui a été le mien avec ses hauts et ses bas, un exercice en particulier est resté imprimé dans ma mémoire. C’était lors d’une clinique et l’instructeur nous demandait de déplacer le pied du cheval à l’aide d’une corde entourée autour de son boulet. Ma jument était particulièrement sceptique et déterminée à ne pas bouger alors l’instructeur s’est accroupi à côté de moi pour m’encourager dans ce long moment d’attente révélateur, à tenir une pression égale et constante avec une corde autour du pied de ma jument, à l’écouter penser, à lui laisser le temps de prendre conscience, prendre confiance et accepter de suivre le feel pour finalement avancer la jambe. Un vrai duel à savoir qui des deux sera la plus persistante. Tout reposait sur cette fraction de seconde où je sentirais qu’elle était prête à céder et où je devais relâcher à l’instant-même cette pression pour lui signifier qu’elle avait fait le bon choix. Une fois qu’elle eut compris l’idée de suivre le feel et déplacer son pied pour trouver le confort, Charming fut beaucoup plus coopérative par après. Au cours de cet exercice, j’ai compris que tout dépendait de mon attitude, qu’elle testait minutieusement. Une attitude dans le moment présent qui se devait d’être juste, avec un minimum de pression, un peu plus si nécessaire, prête à relâcher au bon moment.  C’est là que Charming a pris la décision de suivre mon idée, de venir avec moi. Appliquer une pression, c’est pas la même chose que tirer, cela nécessite un niveau d’attention et de contrôle qu’on ne retrouve pas lorsqu’on tire sur quelque chose.  Tous les chevaux ont cette exigence qui en fait de merveilleux partenaires quand ils sont convaincus de notre compétence en tant que bon leader. J’ai souvent lu et entendu cette phrase : « Prendre le temps que ça prend pour que ça prenne moins de temps… (par la suite).» On gagne à convaincre le cheval plutôt qu’à le forcer. Lorsque Linda Parelli résume le leadership par: « Mon idée est plus forte que la tienne », cela implique de s’adresser au mental du cheval, pas seulement à son physique.

     Si Windy qui était alerte et très réactif m’a appris à mettre des gants blancs lorsque je m’adressais à lui, Charming sera toujours celle qui m’a le mieux fait comprendre l’importance de suggérer puis laisser faire. J’ai fini par comprendre ce que voulait dire ralentir, en lui accordant trois secondes pour évaluer mon attitude et décider de répondre pour éviter  d’avoir de la résistance ou encore pire, un non catégorique.  Malgré son air têtu et indifférent, cette jument est tellement sensible à la pression que parfois la meilleure façon d’attirer son attention est au contraire de ne pas s’occuper d’elle. J’adore ces moments où elle revient vers moi pour prendre contact. Pour préserver la bonne entente et éviter les confrontations, j’ai fini par comprendre qu’il valait mieux avoir le sens de l’humour et en rire, une émotion moins dévastatrice pour moi et plus déconcertante pour ma jument. Pour mieux la déjouer j’ai appris à devenir une personne plus patiente et moins pressée, plus intéressante, plus présente, avec des intentions moins fortes.  J’ai eu bien des moments de désarroi et de plaisir avec cette brillante Charming, je pourrais en parler pendant des heures! Et voyez-vous, je n’ai décrit que quelques-unes de ses capacités mentales et des émotions qui en découlent sans même aborder ses caractéristiques physiques qui sont quand même assez exceptionnelles. Au-delà de son apparence, chaque cheval nous offre un monde très diversifié d’interactions et d’émotions.

     Avec Zig, ma grande jument qui était si animée et enjouée, j’ai dû apprendre à égaler son énergie, ce qui pour moi était beaucoup plus facile que de la diminuer et l’encourager même à faire un peu plus que ce qu’elle proposait pour qu’elle veuille bien ensuite m’accompagner. Lui permettre de bouger et de s’exprimer était un prérequis pour avoir une session productive par la suite. J’ai appris à respecter le rythme différent de chacun de mes chevaux. Avec l’expérience, cela représente pour moi tous ces fils invisibles et fragiles qui nous lient, où je communique avec juste assez de pression, souvent même qu’une suggestion, pour ne pas qu’il casse. C’est un moment magique et stimulant, cette connexion. De chaque côté du fil il est important de rester détendus, et ce n’est pas si simple, pour mieux ressentir et répondre dans la légèreté. À partir de là, l’objectif et l’intérêt principal dans ma relation avec mes chevaux a toujours été de reproduire cette fusion ou cette harmonie le plus souvent possible et le plus longtemps possible.

     En effet la réussite n’est pas garantie en tout temps et elle dépend d’un tas de choses; il faut parfois trouver des trucs pour corriger la situation. Par exemple, la nervosité est une nuisance qui s’invite dès que je me sens regardée par quelqu’un d’autre et mon cheval s’aperçoit rapidement que je ne suis plus tout à fait là. J’ai découvert aussi que mettre de la musique dans le manège m’aide à m’isoler des distractions environnantes; je peux alors me détendre, suivre le rythme et me concentrer sur tous ces détails dans ma position et mon attitude qui vont rendre la communication plus facile avec mon cheval.

     En fait, c’est ça prendre soin de son cheval. Être là pour lui, s’assurer qu’il le goût d’être avec nous et qu’il a envie aussi de faire des choses pour nous. C’est tout à fait logique qu’en tant que proie le cheval ait besoin qu’on fasse attention à lui compte tenu de son extrême sensibilité et son instinct de survie. Le cheval va venir vers nous si notre énergie n’est pas menaçante et ça n’a vraiment pas besoin d’être beaucoup. Il va nous éviter ou s’éloigner si nos intentions ne sont pas claires pour lui. Comment nous perçoit-il… comme un prédateur ou comme la jument alpha du troupeau?

 

     J’en viens à la deuxième citation. Celle-ci me rappelle une histoire qui parle d’un homme qui, pendant un cours d’horsemanship avec Tom Dorrance, devait mettre correctement la bride à son jeune cheval. Désolée ici d’avoir à écourter  le texte, je résume. Malgré tous ses efforts à bien appliquer la technique, le cheval offrait quand même une résistance. Tom Dorrance qui observait la scène s’approcha de l’homme un peu désespéré qui lui demanda : « Qu’est-ce que je pourrais bien faire de plus? » Le cowboy de longue date, qui parlait peu et n’avait pas l’habitude d’exprimer ses émotions s’approcha et lui dit tout bas en tapant doucement sa poitrine avec sa main. « Il faut y mettre son cœur ». L’homme réfléchit, il regarda son cheval en pensant à quel point il l’aimait et en lui présentant la bride le poulain la prit calmement.

L’amour est un sentiment qui dégage une énergie que les chevaux aiment de toute évidence car il s’installe alors dans le geste une aura de douceur qu’on peut voir et sentir. On agit avec précaution, calmement. On s’oublie un peu et on est plus attentif à l’autre. Le cheval le ressent.

     Il est souvent difficile d’être disponible pour l’autre quand on a plein d’idées dans la tête. On veut réussir, on pense à ce qu’on veut faire, à la technique, on devient plus critique, on s’attarde sur les problèmes en oubliant de récompenser les efforts et on ne se rend pas compte qu’en voulant arriver au but le plus vite possible, on s’éloigne de notre cheval. En tant qu’humain, notre premier réflexe est d’utiliser des moyens physiques et mécaniques pour faire bouger le cheval. On s’attarde à comprendre les mouvements du cheval et les améliorer, du point de vue thérapeutique ou pour la performance. À certains moments on peut se retrouver dépourvus face à un être si imposant et des émotions négatives telles que la peur et la frustration prennent le dessus et brouillent les cartes. C’est tentant alors de prendre des raccourcis.  C’est un défi énorme que d’arriver à contrôler nos émotions afin de respecter les besoins et le point de vue de l’autre dans la relation. On peut faire faire ce qu’on veut à un cheval mais c’est plus difficile d’obtenir qu’il le fasse parce qu’il le veut bien.  Il faut le préparer, l’éduquer et s’assurer qu’il est en bonne disposition physique, mentale et émotionnelle pour pouvoir nous répondre et surtout qu’il veuille être avec nous. C’est ça aussi prendre soin de son cheval.

     On peut se demander qu’est-ce qui nous pousse à vouloir communiquer avec le cheval. Si la motivation est d’abord de faire quelque chose avec lui, les émotions qui en découlent perturbent, questionnent et nous révèlent bien des choses sur notre façon d’être et de réagir. Avec le temps, j’ai compris que le cheval s’intéresse plus à moi si je suis moins exigeante, plus compétente et plus reconnaissante.

    

     Je me suis un peu égarée dans mes explications mais ce dont je parle depuis le début de mon texte, c’est de ce contact avec le cheval. De la manière qu’on se présente, qu’on s’adresse à lui. Comment on le touche, comment on bouge avec lui, qu’on le suit ou l’invite en utilisant le langage du corps en passant par nos sentiments. Entre l’humain et le cheval, le corps tout entier s’énergise et se met à l’œuvre et ça passe aussi entre les deux oreilles, c’est là que les liens de confiance se créent.  Le cheval fait attention à ce que l’on sait une fois qu’il sait qu’on fait attention à lui. Ça implique énormément de choses, à partir des connaissances et du ressenti, de l’apprentissage à l’expérience, dans le geste et l’émotion, autant pour l’humain que pour le cheval. Et la première chose que les deux partenaires doivent avoir en commun pour entreprendre cette relation ambitieuse qui nous ramène à l’essentiel, c’est l’envie d’être ensemble.

(Octobre 2022)

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Réflexion

     Cela peut sembler paradoxal mais malgré tous les efforts que nous avons fait depuis ces vingt-cinq dernières années pour offrir à nos chevaux un milieu de vie naturel, il faut bien se rendre à l’évidence qu’on est encore loin de la vie de troupeau et de liberté qui aurait dû être la leur.  Ils sont toujours aussi dépendants, voués à nous porter ou à nous supporter. Ils vivent entourés de barrières sans espérer trop pouvoir s’en échapper. Était-ce vraiment ça leur destinée?

     Si je retourne en arrière, je vois que de mon côté il y eu un cheminement. À partir de l’époque où j’adhérais à l’idée que les chevaux d’écoles vivaient normalement dans un box, j’ai eu Windy et je me trouvais déjà bonne d’aller le sortir de sa prison quelques minutes à chaque jour. Puis il a pu aller brouter quelques heures avec le cheval de Ghislain, dans un enclos construit pour eux à l’écurie où ils pensionnaient.  Ensuite, ils ont découvert ensemble leur nouveau parc de jour, rempli d’arbres, à la ferme qu’on a achetée. Il a été un bon compagnon de paddock et un bon chef pour nos jeunes chevaux et ses vieux amis.  À un âge plus avancé, à cause d’une blessure, on a finalement décidé de le laisser circuler à sa guise partout sur le terrain. 

     C’est à ce moment-là que j’ai réalisé qu’il était très bien capable de gérer ses entrées et sorties, ses déplacements autour des parcs et bâtiments, de varier son alimentation à travers les différentes végétations et confirmer son leadership avec tous ses congénères de chaque côté des barrières. Il savait aussi communiquer avec nous quand on était attentifs. En plus de survivre à sa blessure, il a passé ses dix années de sursis dans une forme physique et mentale surprenante. Il s’est ajusté à nos contraintes pour assurer la meilleure cohabitation possible; une adaptation qui a semblé naturelle pour un être aussi patient et intelligent que lui mais qui m’a pris des années à assimiler. Encore régulièrement, des gens s’étonnent de voir des chevaux en liberté à la ferme. À travers tous nos échanges j'ai pu constater que plus je fais confiance à mon cheval, moins j’ai de raisons de m’inquiéter; plus je lâche du lest, plus il devient léger et plus je lui donne le choix, plus il a envie de rester avec moi. 

     J’ai souvent imaginé Windy en tant que cheval alpha, courant sur les vastes plaines, guidant son troupeau…mais ces images ne sont pas réalistes. Il ne pourrait plus subsister dans ce monde créé pour l’humain, par l’humain.  À la place, je le revois se déplaçant d’un endroit à l’autre sur la ferme, réapparaissant derrière ou devant moi. Et je me demandais souvent qui des deux observait l’autre. Bien entendu, les grands espaces ne sont pas accessibles à tous mais on peut quand même améliorer le sort de nos équidés en respectant certaines conditions. 

     En ce sens, Windy a été un bon guide. Avec lui j’ai réalisé que le cheval est un être à part entière avec qui on peut coexister. J’ai appris qu’il pouvait devenir un compagnon de grande valeur si je respecte ses besoins de sécurité, de confort et de jeux. La sécurité d’un troupeau avec au moins un congénère avec qui il peut socialiser; et avec nous si nous sommes de bons leaders en qui il peut avoir confiance. Sa recherche de confort doit trouver une réponse avec moins de contraintes et de pression, du temps pour réfléchir et des mains qui relâchent. Les jeux, avec ses semblables ou avec nous, lui garantiront une vie saine et constructive. 

Malheureusement, il y a encore trop peu de gens qui soutiennent cet idéal où on tient compte des besoins et du point de vue du cheval, en bonne partie pour cette raison qu’il faut investir temps et énergie, acquérir des connaissances et développer des nouvelles habitudes souvent à l’opposé de la réaction très humaine d’aller droit au but pour un résultat rapide. J’espère au moins qu’il y aura de plus en plus de gens qui témoigneront de leurs efforts pour donner aux chevaux la place qui leur revient. 

     Avoir un cheval représente peut-être un rêve d’enfant, un sport ou encore un loisir. Mais à un autre niveau, intégrer un cheval dans notre vie et créer des liens avec lui engage une grande part de responsabilité et une partie de notre liberté aussi, comme celle qu’on leur a enlevée. 

     

     

   Christine

   2 juillet 2022                                                                                                           

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S’il-vous-plait…

 

Voilà déjà quelques années d’écoulées avant que je me décide à faire revivre ces espaces oubliés dans l’univers du web. 

 

Ce fut une période un peu différente avec moins de cliniques d’Instructeurs mais où j’ai quand même eu l’occasion  de revoir et de renforcer mes connaissances et mon Horsemanship de bien des façons. Après la série de conférences en 2016, toujours dans l’esprit et le plaisir de se réinventer, les cours de groupes  m’ont tenue passablement occupée pendant près de 3 ans. Avec Ghislain, Judith, Jacinthe pour m’aider et nos super juments comme professeurs adjoints, on a passé plusieurs fois au travers du Niveau 1 et du Niveau 2 du programme PNH, avec plusieurs groupes de personnes motivées.  Je garde énormément de beaux souvenirs de ces avant-midis ou de ces soirées bien remplies. 

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Puis, bien sûr, il y a eu la Covid 19 et l’occasion encore une fois de modifier mon emploi du temps. Un nouvel engouement pour des formations virtuelles m’ont donné matière à passer plus de temps avec mes chevaux tandis qu’un suivi par vidéo coaching avec  Maurice et Susan m’a aidé à progresser en selle avec ma nouvelle jument, Boréale. J’ai monté presqu’à chaque jour tout en me considérant terriblement chanceuse de pouvoir profiter de la vie sur la ferme en temps de pandémie, même si ça implique aussi beaucoup de travail. Depuis quelques mois j’étudie le nouveau programme « Happy horse, Happy life » de Linda Parelli.  Je trouve qu’elle a brillamment réussi à  présenter l’information autour de thèmes essentiels à une relation Humain/cheval.

 

Ce fut également une période de réflexion qui m’amène maintenant à ce tout nouveau projet. Comme pour suivre le courant de ce que j’ai fait jusqu’à maintenant;  j’ai envie de profiter avec d’autres de ces échanges avec les chevaux où l’on essaie de faire ce qu’il faut, de communiquer avec un langage qu’ils comprennent pour aller chercher leur attention et leur participation. C’est réellement une satisfaction et un plaisir d’apprendre à s’harmoniser à leurs mouvements et de sentir que c’est réciproque.  

Nous avons des chevaux merveilleux et un bel environnement pour des activités qui je l’espère sauront attirer des personnes toutes aussi spéciales, animées de la même curiosité et du même intérêt, voir même de la même passion que moi pour ces êtres inspirants, autant pour leur délicatesse que pour leur force.

 

(Et pour ceux qui s’interrogent à propos du  « S’il-vous-plait…merci! » qui accompagne chaque message, et bien c'est dans cet esprit que l'on doit s’adresser au cheval à chaque fois qu’on lui demande quelque chose; suggérer et avoir son attention puis relâcher pour le remercier et lui signifier qu'il a fait la bonne chose.)

 

Christine

25 mai 2022                                                                       

                                                                                        Merci!

S'il-vous-plait...

Ghislain va mieux et c’est une nouvelle année qui commence. Un goût de renouveau…et bien voilà!  Le nouveau Parelli Savvy Club avec ses 12 Touchstones nous ont offert l’opportunité de recréer des liens, de faire de nouvelles connaissances et de nouveaux membres et surtout de redécouvrir le Parelli Natural Horsemanship dans une nouvelle version à l’avant-garde de la technologie digitale.

 

La première des six présentations sur les Touchstones a eu lieu le 17 janvier. Quelle plaisir de pouvoir parler « Psychologie et Philosophie », les deux essentiels qui m’ont attirée en tout premier lieu sur le chemin du horsemanship. J’ai bien aimé débuter la visite de cette immense bibliothèque qui regroupe tous les articles, les vidéos, les audios qui ont forgé mes convictions durant ces 18 dernières années. Cela m’a permis de revoir certaines choses, d’en approfondir d’autres et de voir aussi une toute nouvelle manière d’apprendre les principes du PNH. C’est avec une grande satisfaction que j’ai eu la chance de partager mes expériences personnelles avec encore de nombreuses personnes lors de la présentation  du  deuxième thème :  Savvy et Sécurité.   Ne répétez